À l’heure où il faut faire un choix,
On zappe des milliers de textes,
De possibilités –
– Il faut en évincer.
Évincer la laideur, et parfois le superbe.
Faire d’un rien un tout, parfois d’un tout un rien.
Mais on ne savait pas ce que rien n’était rien,
Que ce tout était tout.
Ce rien nous rend alors le plus heureux des êtres,
Il a donc forcément quelque chose d’un tout.
Zappez, changez d’adresse, et changez-en encore ;
Brouillez les sources,
Nous reviendrons toujours vers ce tout-premier rien.
Rien n’aura plus que lui la saveur du bonheur.
À moins que ce rien-là perde sa belle aura.
Mais tu sauras la relever
Si tu en as envie.
Ce sera tout ou rien –
– Il faudra faire un choix.
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lundi 9 mars 2015
mercredi 27 août 2014
Un détail
— Un détail ! — Quel détail ! — Quel détail ?
Une phrase, un soupir, un mot doux susurré via de durs satellites, qui se fichent pas mal des sentiments qu'en rêve on aime à voir, qui vous fichent la paix et vous demandent alors de bien y réfléchir... car un jour, vous serez un adulte, et le dur satellite vous fichera mieux et se fichera mieux des sentiments rêvés... et vous voudrez alors, comme à l'adolescence, qu'ils soient vérités... trop plonger dans des films, c'est bon pour le moral et ça caresse l'âme, mais certains font mieux : y'a les livres, déjà, et les sacrés baisers qui signent tout un tas de trucs jamais osés.
Et le dur satellite, bien là-haut, vous fiche un de ces regards froids, mais votre cœur est chaud, réchauffé d'un détail...
— Quel détail ? — Quel détail !
Une phrase, un soupir... un mot doux susurré via un dur satellite...
Et ce détail soudain n'en est plus vraiment un... il prend pour lui un sens que d'autres choses avaient, et d'un coup c'est pour nous une réalité.
On sourit, satisfaits, on regarde le ciel et les durs satellites... Un détail ! Quel détail !
Une phrase, un soupir, un mot doux susurré via de durs satellites, qui se fichent pas mal des sentiments qu'en rêve on aime à voir, qui vous fichent la paix et vous demandent alors de bien y réfléchir... car un jour, vous serez un adulte, et le dur satellite vous fichera mieux et se fichera mieux des sentiments rêvés... et vous voudrez alors, comme à l'adolescence, qu'ils soient vérités... trop plonger dans des films, c'est bon pour le moral et ça caresse l'âme, mais certains font mieux : y'a les livres, déjà, et les sacrés baisers qui signent tout un tas de trucs jamais osés.
Et le dur satellite, bien là-haut, vous fiche un de ces regards froids, mais votre cœur est chaud, réchauffé d'un détail...
— Quel détail ? — Quel détail !
Une phrase, un soupir... un mot doux susurré via un dur satellite...
Et ce détail soudain n'en est plus vraiment un... il prend pour lui un sens que d'autres choses avaient, et d'un coup c'est pour nous une réalité.
On sourit, satisfaits, on regarde le ciel et les durs satellites... Un détail ! Quel détail !
jeudi 21 août 2014
Le ciel m'a promis
Le ciel m'a promis Oui je le prétends De cacher, çà oui Ce qui m'est gênant. Danses dans l'été Jeux qu'on dit d'amour Le ciel a juré Vous y serez sourds À moins que je n'ose Tel un insolent Face à notre chose Être honnête et franc Mais pour le moment Le ciel a juré De ces deux amants De ne rien souffler
dimanche 20 juillet 2014
Lierre
Comme tout lierre
Qui se met à aimer
D'amour la pierre
Qu'au début il squattait
Plonger racine
Enterrer mon orgueil
Ère câline
Aimera son écueil
La feuille au ciel
Tendrait son aire aimante
Et éternel
Sera le moment : tente,
C'est l'appel sage
De ce cœur qui s'emballe
C'est une page
Que tu ne veux pas sale
Tu écriras
Autant que tu pourras
Un bout de toi
Qui jamais non, n'aima
N'aima ainsi
Ainsi que tu le fais
Tu le sais si
Bien que tu veux cacher...
De la pluie tombe
Je n'en dirai pas plus
Si tu succombes
Ce sera un bonus
mercredi 28 mai 2014
Je sais que j'âme, ou que j'âmais.
Je t’âme. Ça veut rien dire pour toi, hein ? Je t’âme. Ça veut tout dire pour moi.
Je t’âme. J’pourrais dire autre chose mais je suis pas très fort pour me convaincre que l’amour c’est dire « je t’aime » sans réfléchir. Alors je dis « je t’âme ».
Je t’âme. Avec les yeux, avec les bras, avec les fuites, avec les lands.
Je t’âme. M’âmes-tu, toi ?
Je t’âme donc. Pleinement, physiquement, mortellement, infiniment.
Âme je t’. Je âme t’. T’ je âme. Je dis des conneries quand j’âme, tiens. À noter.
Ma poésie est déraisonnée, désordonnée.
Je t’âme. Ça veut rien dire pour toi, hein ?
Je t’âme. Ça veut tout dire pour moi.
Je t’âme. J’pourrais dire autre chose mais je suis pas très fort pour me convaincre que l’amour c’est dire « je t’aime » sans réfléchir. Alors je dis « je t’âme ».
Je t’âme. Avec les yeux, avec les bras, avec les fuites, avec les lands.
Je dis « je t’âme ».
Parce que ça a un p’tit accent sympa, un p’tit accent charmant, un chapeau rigolo sur le dessus. Parce que ça montre qu’en amour c’est pas tout l’temps la joie, y’a des hauts et des bas mais que les hauts sont très jolis et à marquer d’un p’tit chapeau sympa.
Je dis « je t’âme », enfin, comme on chante un refrain, à tue-tête ; sachez, petites amoureuses, que je m’y suis plu, oh, peut-être pas vous, petites amoureuses, peut-être fus-je un peu trop fou à votre goût, peut-être trop humain, ou pas assez peut-être ; je ne suis pas assez objectif pour assez bien me définir. Mais je sais que je t’âme, toi, dis, dis pourquoi on ne le ferait pas ; on le fit bien, un jour. Et toi, l'eau, dis, dis que tu nous vis passer à vélo à tes côtés, et qu’on se tenait la main elle et moi. Dis-le un peu pour voir. Voir ce que ça me fait. Oh, j’oubliais, on ne peut pas le voir : c’est censé n’être jamais arrivé. Sûrement me fourvoie-je. Mais je sais que j’âme, ou que j’âmais.
Quelque part début 2013, peut-être en mars.
Modifié le 12 octobre 2013 (ajout de l’avant-dernier
mini-paragraphe).
Modifié à nouveau le 22 mai 2014, ajout du
dernier mini-paragraphe. Paragraphe où j’en
dis peut-être un peu trop sur mes sentiments, mais puisqu’ils sont passés, pourquoi m’en inquiéter ?
(Je ne suis pas forcément d'accord sur certaines tournures de 2013, mais j'ai décidé de les laisser telles quelles. Je vous demanderai juste d'être indulgents avec mon "moi passé", il est so 2013.)
lundi 28 avril 2014
Une histoire de peuple minéral
Quoiqu'on en dise, ces pierres ne nous disent rien.
Elles sont là bien malgré elles, tout compte fait. Vous vous imaginez, vous, être arrachés à la montagne ou à la falaise, et vous retrouver en plein milieu d'un mur, à l'état de brique, ou en plein milieu d'une place, à l'état de pavé ?
Vous vous imaginez, vous, en tant que montagne, en tant que falaise, être découpé, restructuré, réaligné, refaçonné, éparpillé un peu partout dans la ville ?
Vous vous imaginez, vous, ressentir... non, vous ne vous imaginez pas, vous, ressentir... ;
Vous n'avez pas les mêmes réflexes de pensée, les mêmes sentiments de départ. Et pour cause : vous n'êtes pas une montagne, vous n'êtes pas une falaise. Et, probablement, vous n'en serez jamais ; vos atomes iront s'y accrocher, quelques-uns, peut-être, mais vous, vous ne serez jamais la montagne, vous ne serez jamais la falaise. De là à penser comme elles...
Et puis, une autre raison qui fait que vous ne pouvez pas vous imaginer montagne ou falaise, c'est qu'il faudrait déjà que ces bouts de terre pensent, et s'il pensaient, qu'on les comprenne. Il y a du chemin.
Mais vous vous imaginez, vous, être au cœur des cités, entourer les gens de cette manière ? Vraiment, le peuple minéral a bien des avantages qu'il ignore.
Elles sont là bien malgré elles, tout compte fait. Vous vous imaginez, vous, être arrachés à la montagne ou à la falaise, et vous retrouver en plein milieu d'un mur, à l'état de brique, ou en plein milieu d'une place, à l'état de pavé ?
Vous vous imaginez, vous, en tant que montagne, en tant que falaise, être découpé, restructuré, réaligné, refaçonné, éparpillé un peu partout dans la ville ?
Vous vous imaginez, vous, ressentir... non, vous ne vous imaginez pas, vous, ressentir... ;
Vous n'avez pas les mêmes réflexes de pensée, les mêmes sentiments de départ. Et pour cause : vous n'êtes pas une montagne, vous n'êtes pas une falaise. Et, probablement, vous n'en serez jamais ; vos atomes iront s'y accrocher, quelques-uns, peut-être, mais vous, vous ne serez jamais la montagne, vous ne serez jamais la falaise. De là à penser comme elles...
Et puis, une autre raison qui fait que vous ne pouvez pas vous imaginer montagne ou falaise, c'est qu'il faudrait déjà que ces bouts de terre pensent, et s'il pensaient, qu'on les comprenne. Il y a du chemin.
Mais vous vous imaginez, vous, être au cœur des cités, entourer les gens de cette manière ? Vraiment, le peuple minéral a bien des avantages qu'il ignore.
dimanche 30 mars 2014
Y croire
J'ai envie de croire que tout est à nouveau possible. L'été, et même l'hiver. Les sentiers, la terre. Avec toi. Je veux tout parcourir à nouveau. Chevaucher mon vélo et voler au-dessus de tout, mais surtout voir tes yeux. Le parc. Tu t'en souviens ? Je m'en souviens. La musique qu'on écoutait. Le bon temps, le soleil qui nous caressait, toujours, et le froid de l'hiver qui ne nous faisait pas peur, jamais. On me dit que ce n'est plus possible. Je veux pourtant y croire.
L'été, et même l'hiver.
Chaque saison en fait. La saison n'y serait bien sûr pour rien, nos coups de téléphone et nos désirs à l'origine de ces derniers seraient des acteurs principaux. Nous aussi. Nous serions les acteurs de nos saisons, et leurs scénaristes. Nous le fûmes déjà un an, pourquoi ne pas ré-expérimenter ce métier-là ? Nous avions un bon salaire, qui plus est. Le meilleur du monde.
Les sentiers, la terre.
Nous roulerions, sur nos vélos, tu sais ? Tu sais que ça manque à mon quotidien ? Je pourrais t'appeler à nouveau et te proposer une balade, mais...
Avec toi.
... ce serait forcément différent, me dis-je. Et j'ai aussi changé. Nous changeons tous, autant que les saisons. Nous n'avons plus les mêmes raisons de vivre, ou du moins je n'en suis plus une pour toi, enfin je dis ça mais je n'en sais rien, je suis dans ce qu'on appelle un flou de ce côté-là.
Je veux tout parcourir à nouveau.
Peut-être que le vent cinglant et les rayons brûlants, l'air doux, les parfums de menthe déposée dans la poche de ta chemisette, et les originales délicieuses images et...
Chevaucher mon vélo et voler au-dessus de tout, mais surtout voir tes yeux.
... ce flou agréable qui t'entoure quand tu vas vite auprès de celle que tu préfères, celle qui t'a fait penser "ça y est", celle qui t'a mis en tête que le bonheur se résumait très facilement. Quand tu es là, qu'elle est là aussi, que tout est là pour te faire passer chaque semaine des jours d'argent mêlé du bleu si océan de ses yeux ...
Le parc.
... peut-être aussi que la verdure louvoyante du parc frais, placée dans le même contexte, redonnera des couleurs à nos liens. Tout ce que j'ai cité précédemment pourrait le faire, si toi aussi voulais le faire.
Tu t'en souviens ?
Dis-moi que tu en rêves, parfois.
Je m'en souviens.
Dis-moi que tu souhaites que j'y songe.
La musique qu'on écoutait.
Et qui faisait écho parmi nos pas sur le sol boisé de nos chambres.
Le bon temps, le soleil qui nous caressait, toujours, et le froid de l'hiver qui ne nous faisait pas peur, jamais.
On était prêts à tout braver, et à tout apprécier, pourvu que nous fussions.
On me dit que ce n'est plus possible.
Que c'est passé. Que ça arrive que s'arrêtent les romances.
Je veux pourtant y croire.
Y crois-je à tort ?
L'été, et même l'hiver.
Chaque saison en fait. La saison n'y serait bien sûr pour rien, nos coups de téléphone et nos désirs à l'origine de ces derniers seraient des acteurs principaux. Nous aussi. Nous serions les acteurs de nos saisons, et leurs scénaristes. Nous le fûmes déjà un an, pourquoi ne pas ré-expérimenter ce métier-là ? Nous avions un bon salaire, qui plus est. Le meilleur du monde.
Les sentiers, la terre.
Nous roulerions, sur nos vélos, tu sais ? Tu sais que ça manque à mon quotidien ? Je pourrais t'appeler à nouveau et te proposer une balade, mais...
Avec toi.
... ce serait forcément différent, me dis-je. Et j'ai aussi changé. Nous changeons tous, autant que les saisons. Nous n'avons plus les mêmes raisons de vivre, ou du moins je n'en suis plus une pour toi, enfin je dis ça mais je n'en sais rien, je suis dans ce qu'on appelle un flou de ce côté-là.
Je veux tout parcourir à nouveau.
Peut-être que le vent cinglant et les rayons brûlants, l'air doux, les parfums de menthe déposée dans la poche de ta chemisette, et les originales délicieuses images et...
Chevaucher mon vélo et voler au-dessus de tout, mais surtout voir tes yeux.
... ce flou agréable qui t'entoure quand tu vas vite auprès de celle que tu préfères, celle qui t'a fait penser "ça y est", celle qui t'a mis en tête que le bonheur se résumait très facilement. Quand tu es là, qu'elle est là aussi, que tout est là pour te faire passer chaque semaine des jours d'argent mêlé du bleu si océan de ses yeux ...
Le parc.
... peut-être aussi que la verdure louvoyante du parc frais, placée dans le même contexte, redonnera des couleurs à nos liens. Tout ce que j'ai cité précédemment pourrait le faire, si toi aussi voulais le faire.
Tu t'en souviens ?
Dis-moi que tu en rêves, parfois.
Je m'en souviens.
Dis-moi que tu souhaites que j'y songe.
La musique qu'on écoutait.
Et qui faisait écho parmi nos pas sur le sol boisé de nos chambres.
Le bon temps, le soleil qui nous caressait, toujours, et le froid de l'hiver qui ne nous faisait pas peur, jamais.
On était prêts à tout braver, et à tout apprécier, pourvu que nous fussions.
On me dit que ce n'est plus possible.
Que c'est passé. Que ça arrive que s'arrêtent les romances.
Je veux pourtant y croire.
Y crois-je à tort ?
vendredi 7 mars 2014
Un souvenir existe, en moi, d'un bel été
Comme un
parfum de sève qui entête et plaît
Comme un débris de verre qu’on a trop brisé
Comme un souffle de vie toujours instantané
Comme une mélodie qu’on a trop répétée
Un vieux tourne-disque qui ne veut plus tourner
De toute façon le disque était abîmé
On n’aurait entendu que des voix saccadées
Comme un rêve naïf au pays des pensées ;
Un souvenir existe, en moi, d’un bel été ;
J’étais possédé fou, je le crois (une fée !) ;
C’était un temps magique, un peu comme utopié,
(Une fille aux traits longs, cheveux blonds parfumés !)
Cette fille, assemblée par la lumière même,
Est ce temps de douceur où la liberté sème
Des étincelles d’elle à chaque pas qu’on fait,
Des notes de flûte quand, sur un lit, couché,
Nous fermons doucement les yeux, et nous rêvons
Et quand la musique s’arrête, nous prenons
La main de la musicienne, et nous dansons.
Nous retrouverons le disque l’année suivante,
Il sera de nouveau fait pour bien resplendir ;
Arc-en-céleste fée, déterminée à rire,
Libre, joyeuse, jolie, et presque insolente,
Comme la vie enfin, enfin comme la vie ;
Enfin je dis enfin ... ce n’est jamais fini !
Inspiré par : Within – Daft Punk
dimanche 29 septembre 2013
Puis-je replonger ainsi dans un rêve âcre ?
Comment se souvient-il qu’il l’a oubliée ?
Elle revient parfois.
Elle danse, seule, au milieu de ses rêves. Et le
parfum ; le parfum qu’elle laisse, il s’en souvient. Çà ! Quel
parfum ! Et sa façon de marcher dans son songe.
Et quarante-deux et cent et mille autres détails qui lui
reviennent, comme ça, sans contrat. Une main, tenue sans contrat aussi. Entre
eux, pas de mots sur ça, ils le savent, ils savent qu’ils … quel est le verbe,
déjà ? Il l’a oublié, aussi. Ça devait commencer par un « a ».
Appartenir, peut-être. Peut-être savaient-ils qu’ils s’appartenaient. Mais
c’était beaucoup plus que... ça.
Ils Étaient, ils Vibraient, mais silencieusement. Il
s’appuyait sur un de ces horribles poteaux de bois peints en jaune, plein des étreintes de plein d'hommes et plein de femmes ; et donc il s’appuyait et il continuait la longue liste des
étreintes que ce vieux confident avait vues et senties. Et elle s’appuyait sur
lui. Mais pas de contrat ! Pas de mots ! « Nous ne nous
parlerons pas », pensait-il, « nous vibrerons naturellement ».
Oh, ils ne l’ont pas fait souvent. Pas assez souvent pour qu’on ait pu les
voir. Ça n’a pas duré longtemps. « A »… c’est quoi ce verbe,
déjà ?
Je crois qu’il l’a vraiment oublié. Mais comment a-t-il
pu ? Il le savait. Tant pis, il s’en souviendra une autre fois, là il est
si plongé dans ses souvenirs âcres qu’il en est incapable.
Il voit flou, il titube, il veut tomber, il veut
disparaître, il en a marre, trois ans de vie détruits en trois semaines !
Amitié ? Amour ? Appartenance ? Quel est ce
mot ?
Il en veut à la Terre, à la Galaxie, aux supernovæ qui
explosent à des milliards de parsecs de là et qu’il ne voit même pas ; il s’en
veut ; il lui en veut, à elle, elle qui s’écarta, elle qui lui asséna des
mois de colère de ses phalanges dans la joue ; joue qui retentit encore,
avec ce sifflement tenace, ça retentit depuis une semaine déjà. Une
semaine ? Euh… il l’a oublié aussi.
Quand on oublie, on oublie tout, normalement. On peut
choisir de tout oublier. Mais pas qu’on a oublié. Et se souvenir qu’on a
oublié, ça peut rendre… euh… bizarre.
Que se passait-il ? Que se passe-t-il ? Que
raconté-je ? Il ne comprend plus rien, il veut tomber et disparaître aux
yeux du monde, le blizzard lui assène encore ce satané sifflement qui souffle
sur ses songes silencieux.
« Puis-je oublier que mon présent est mieux qu’il y a un an,
puis-je oublier ça quelques minutes, juste pour le plaisir de replonger dans
mes affreuses interrogations passées ? Puis-je ?
Puis-je replonger ainsi dans un rêve âcre ? »
Qui est-il ?
mercredi 21 août 2013
Haïkus et danse pensive.
Les mots virevoltent
Les haïkus sont délicieux
Ils sont si magiques
Un puissant loup blanc
Détaille nos sentiments
Les éclaircifie
Un puissant loup blanc
Détaille nos sentiments
Les éclairs s'y fient
L'univers est là
Et il nous attend peut-être
Il est si immense
Nous nous touchons juste
Nos empreintes digitales
Établissent un lien
/
Nous nous touchons juste
Nos ans preints de digital
Établissent un lien
À quoi tu penses
Quand tu tournoies ?
À tes démences
Tout contre moi ?
Tes yeux de ciel
(à s'y noyer)
Montrent un émoi
(laisser-aller)
Je te rappelle
Toute en mes bras
Je te murmure
Un doux silence
Ce geste pur
Te dit tout bas :
"À quoi tu penses ?
Dis-moi à quoi,
Pendant que danse
Ta main sur moi."
samedi 3 août 2013
Phases.
Quoi que les gens fassent,
quoi que les gens montrent,
ils sont comme la Lune.
Peu importe la phase de la Lune, peu importent ses conséquences (
La Lune tournera toujours autour de la Terre, quoi que le Soleil daigne en montrer, quoi que la Lune elle-même daigne montrer d'elle.
La Lune sera toujours une sphère rocheuse gravitant autour de notre planète. Sa face cachée restera toujours cachée, sauf pour ceux qui oseraient violer son intimité.
La Lune sera toujours rebelle, elle conduira toujours ses armées-marées.
Elle sera toujours belle.
Qu'elle montre sa plénitude ou un maigre croissant, elle sera toujours aussi pleine à l'intérieur que d'habitude.
Seule son apparence aura changé.
L'apparence ne compte pas tant que ça.
L'apparence attire ; ce qui se situe à l'intérieur fait rester ou fait fuir.
Heureusement parfois,
malheureusement parfois,
nous resterons le même, et ce, toute notre vie. Ou presque... si tant est qu'on change d'orbite. Car, tant qu'on reste en gravitation autour des mêmes choses, nous restons le même, nous influençons toujours autant ces choses et elles nous influencent toujours autant en retour.
Peu importe la phase, donc.
Lunatiquement,
Le personnage lambda.
jeudi 1 août 2013
Promesse et plaintes.
De : Lambda
À : n'importe qui
"Je te promets de n'pas l'aimer".
Ça sonne putain de faux. Comme si on pouvait promettre une chose pareille ! Comme si on pouvait prévoir à l'avance que notre cœur évitera d'aimer telle personne ? C'est impossible.
Et pourtant, je l'ai promis. Certes, un peu à la va-vite, mais enfin ça tient lieu de promesse tout de même ! Et si je ne tenais pas parole, cela vaudrait-il ?
Enfin, ce n'est pas non plus la promesse de ma vie, ça ne va pas me poursuivre indéfiniment, et puis je n'ai pas un âge très avancé non plus !
J'ai lancé cette promesse au détour d'un couloir d'un château dont je ne me rappelle plus tellement le nom, un château assez froid, qui incitait aux promesses, qui incitait à promettre tout un tas de trucs plus solennels les uns que les autres, enfin vous voyez l'ambiance, quoi ?
Comme si tout un tas de pixels devenaient morts, hop, d'un coup.
Des possibilités évincées.
Je lance tous ces mots au hasard, un peu hétéroclitement, en bazar, en souk, en fouillis, parce que d'un coup c'est aussi fouillis que ça dans ma tête.
Hé, l'année prochaine, si je tombais amoureux d'elle dans ces mêmes couloirs qui ont vu ma promesse ?
D'une ironie mordante !
Tiens, elle, j'aurais évidemment dû et pu la câliner bien avant, ou alors ne pas le faire du tout, puis un autre a commencé à la faire rire et je me suis précipité et je suis passé pour le bouffon du seigneur de ce même château.
Hé ! Stop ! Mais je n'ai que quinze ans ! Au diable mes plaintes ! Quinze ans ! Vivez, quand vous avez quinze ans. Et même après, même à seize ans et à dix-sept. Haut les cœurs ! On a encore tant d'histoires à vivre ! Quinze ans ! Que signifient mes plaintes !
Ah, cette envie de se plaindre ! Mais que nos plaintes sonnent faux ! Un patchwork inextricable de kaléidoscopes déformerait moins bien la vérité.
En tout cas, j'ai le droit d'aimer qui je veux.
Ainsi, je te promets de ne pas l'aimer, jusqu'à nouvel ordre.
Volontairement,
À : n'importe qui
"Je te promets de n'pas l'aimer".
Ça sonne putain de faux. Comme si on pouvait promettre une chose pareille ! Comme si on pouvait prévoir à l'avance que notre cœur évitera d'aimer telle personne ? C'est impossible.
Et pourtant, je l'ai promis. Certes, un peu à la va-vite, mais enfin ça tient lieu de promesse tout de même ! Et si je ne tenais pas parole, cela vaudrait-il ?
Enfin, ce n'est pas non plus la promesse de ma vie, ça ne va pas me poursuivre indéfiniment, et puis je n'ai pas un âge très avancé non plus !
J'ai lancé cette promesse au détour d'un couloir d'un château dont je ne me rappelle plus tellement le nom, un château assez froid, qui incitait aux promesses, qui incitait à promettre tout un tas de trucs plus solennels les uns que les autres, enfin vous voyez l'ambiance, quoi ?
Comme si tout un tas de pixels devenaient morts, hop, d'un coup.
Des possibilités évincées.
Je lance tous ces mots au hasard, un peu hétéroclitement, en bazar, en souk, en fouillis, parce que d'un coup c'est aussi fouillis que ça dans ma tête.
Hé, l'année prochaine, si je tombais amoureux d'elle dans ces mêmes couloirs qui ont vu ma promesse ?
D'une ironie mordante !
Tiens, elle, j'aurais évidemment dû et pu la câliner bien avant, ou alors ne pas le faire du tout, puis un autre a commencé à la faire rire et je me suis précipité et je suis passé pour le bouffon du seigneur de ce même château.
Hé ! Stop ! Mais je n'ai que quinze ans ! Au diable mes plaintes ! Quinze ans ! Vivez, quand vous avez quinze ans. Et même après, même à seize ans et à dix-sept. Haut les cœurs ! On a encore tant d'histoires à vivre ! Quinze ans ! Que signifient mes plaintes !
Ah, cette envie de se plaindre ! Mais que nos plaintes sonnent faux ! Un patchwork inextricable de kaléidoscopes déformerait moins bien la vérité.
En tout cas, j'ai le droit d'aimer qui je veux.
Ainsi, je te promets de ne pas l'aimer, jusqu'à nouvel ordre.
Volontairement,
Le personnage lambda.Enfin je n'en sais rien.
lundi 29 juillet 2013
Subjectivité.
Quand mon chat Kappa et moi parlons d'amour.
- Suis-je amoureux, Kappa ?
- Mh ? Et puis, c'est quoi l'amour ?
- Ce qu'on veut en croire.
- C'est subjectif.
- Ce qui est logique, puisqu'on définit soi-même l'amour qu'on vit, d'après
ce qu'il nous fait vivre !
- Puisque chaque relation amoureuse est unique ?
- Pas forcément unique (nous sommes 7 milliards sur cette planète, donc
deux personnes vivent forcément des choses similaires).
- Je saisis, un peu, je crois.
- Dis ?
- L'amour, chacun le vit comme il le veut, et donc chacun se
fait seul maître de la définition de sa relation.
- Tu saisis bien ! Même si certains ne se cassent pas la tête et copient
plus ou moins ce qu'ils voient autour d'eux, dans les chansons, dans les films,
...
- ... ou dans des conversations comme celle-ci.
- Ils n'ont pas grand chose à en tirer.
- Mais ils le peuvent ; et pouvoir leur suffit, même s'ils
n'ont pas de pouvoir à proprement parler ...
- ... à part le pouvoir de choisir leur définition de l'amour.
- Oui !, revenons à nos amoureux.
- Qui ne sont aucunement des moutons de Panurge, comme tu le prétends
sûrement ...
- ... puisqu'ils ne suivent pas, et ne peuvent pas suivre,
tout un schéma préétabli ...
- ... car il n'y en a pas ! Il n'y a que des grandes lignes, qu'on suit
malgré soi.
- Dont les baisers, les câlins, puis, plus tard, faire
l'amour et puis s'unir.
- Actions que chacun, là encore, interprète et définit et fait comme il
l'entend.
- La logique humaine est suspecte.
- Elle ne l'est pas ! Tu dis ça puisque tu es un chat.
- Je ne suis pas un simple chat ! J'ai, moi aussi, des
sentiments.
- Certes, mais comment appellerais-tu ces sentiments ? Comment les
définirais-tu ?
- Aucune idée. Mais toi, alors, comment définirais-tu
l'amour ?
- Je pense qu'il se vit plus qu'il ne se définit. Tel que l'amitié, qui,
même si elle se vit différemment, se vit également plus qu'elle ne se définit
- C'est beau ce que tu dis.
- Sans prétention aucune, je pense avoir bien conclu notre discussion ...
- ... à laquelle il reste néanmoins quelques éléments à
ajouter.
- Puisque rien n'est jamais fini.
- Ni éternellement figé.
- Même que vous, lecteur, vous pouvez donner votre avis sur la question.
Tout le monde le peut.
- Certes.
samedi 29 juin 2013
Déclaration de non-amour.
Je ne suis pas amoureux.
Certes, un personnage, pour satisfaire pleinement le lecteur, et pour ajouter du sentiment, pour ajouter de l'humain à l'histoire, doit tomber amoureux, et le rester, et surtout vivre une grande histoire d'amour avec celle, ou celui, qu'il considère désormais comme l’Élu de son cœur.
Il doit aussi, pour que ça ne semble pas trop beau, et pour que ça reste un peu réaliste quand même, faire en sorte que cette histoire soit un peu compliquée.
Il doit aimer, certes, avec passion, mais il doit douter de cet amour ; il doit se demander si les implications de ses sentiments ne vont pas affecter la vie qu'il mène avec ses amis. Il doit souvent s'interroger, retourner la question sous tous ses angles, pour enfin déduire que tout cela ne risque pas de détruire son "moi actuel".
Le personnage amoureux a ensuite pour mission de croire qu'il est amoureux d'un autre, ou d'une autre, et de douter encore (le doute est important) de cet amour nouveau.
Le personnage doit, s'il veut plaire, s'il ne veut pas ennuyer, utiliser les mots les plus mélodramatiques pour souligner à quel point se situe son désespoir de ne pas pouvoir être tout le temps avec sa belle (ou son beau).
Mais il doit aussi ne pas trop déprimer, et alors chanter les louanges de cet amour toujours renouvelé par l'espoir de revoir l’Élu, l'Unique, et aussi par le sentiment de complétude éprouvé avec cette personne irremplaçable.
Il doit, également, dire à tous, clamer sur tous les toits, ô combien il est plaisant de se trouver en compagnie de l'Indispensable.
Enfin, pour que l'illusion soit parfaite, il doit être amoureux.
Je ne suis pas amoureux.
Cependant, j'âme.
Sentimentalement,
Certes, un personnage, pour satisfaire pleinement le lecteur, et pour ajouter du sentiment, pour ajouter de l'humain à l'histoire, doit tomber amoureux, et le rester, et surtout vivre une grande histoire d'amour avec celle, ou celui, qu'il considère désormais comme l’Élu de son cœur.
Il doit aussi, pour que ça ne semble pas trop beau, et pour que ça reste un peu réaliste quand même, faire en sorte que cette histoire soit un peu compliquée.
Il doit aimer, certes, avec passion, mais il doit douter de cet amour ; il doit se demander si les implications de ses sentiments ne vont pas affecter la vie qu'il mène avec ses amis. Il doit souvent s'interroger, retourner la question sous tous ses angles, pour enfin déduire que tout cela ne risque pas de détruire son "moi actuel".
Le personnage amoureux a ensuite pour mission de croire qu'il est amoureux d'un autre, ou d'une autre, et de douter encore (le doute est important) de cet amour nouveau.
Le personnage doit, s'il veut plaire, s'il ne veut pas ennuyer, utiliser les mots les plus mélodramatiques pour souligner à quel point se situe son désespoir de ne pas pouvoir être tout le temps avec sa belle (ou son beau).
Mais il doit aussi ne pas trop déprimer, et alors chanter les louanges de cet amour toujours renouvelé par l'espoir de revoir l’Élu, l'Unique, et aussi par le sentiment de complétude éprouvé avec cette personne irremplaçable.
Il doit, également, dire à tous, clamer sur tous les toits, ô combien il est plaisant de se trouver en compagnie de l'Indispensable.
Enfin, pour que l'illusion soit parfaite, il doit être amoureux.
Je ne suis pas amoureux.
Cependant, j'âme.
Sentimentalement,
Le personnage lambda.
samedi 8 juin 2013
Optimismes : espoir, hope, esperanza
Je le fais pour quelques personnes qui ne méritaient pas certaines choses. Si le message passe, tant mieux. S'il ne passe pas, je l'aurais quand même fait...
L'espoir, je veux en distribuer pour les personnes qui méritent d'être heureuses tout simplement au lieu de sourire tout en pleurant derrière.
Il ne faut pas en abuser ; c'est vrai ; il peut rendre naïf ; voire, inconscient.
Mais nous sommes faits d'espoirs.
J'ai déjà fait un texte optimiste disant de se souvenir de l'avenir. Là, je vais parler de l'espoir. Vous connaissez ? Ce truc qu'on saisit pas forcément tout le temps, mais de l'espoir il y en a partout. De l'espoir il y en a dans chaque souffle, dans chaque respiration, dans chaque inspiration, expiration, dans chaque plainte, dans chaque râle de chaque dragon et de chaque démon qui sommeille en nous.
De l'espoir, il y en a dans chacun de nous, même dans ceux qui espèrent ne plus jamais avoir à espérer.
Et, même si on ne le voit pas, l'espoir est fou. On peut espérer mourir, bien sûr, mais on peut aussi espérer vivre et pas seulement survivre.
Espoir. Ce mot qui sonne comme un souffle, un nouveau souffle, et qui s'achève sur une tonalité complète, souveraine, reine et sereine.
Hope. Comme un saut, comme un bond, comme un éclair, comme un rayon. Comme un chant, de partisans, prêts à tout, pour vivre. Comme un cri doux, subtil, intelligent... rayonnant.
Esperanza. Comme une balade, comme une longue discussion. Comme un parfum qui se diffuse lentement, un parfum doux, un parfum clair, limpide, simple, sans artifices, sans maquillage. Une statue longue à construire mais légère et solide...
![]() |
- Pourquoi n'abandonnes-tu pas ? - Parce que... j'arrive encore à porter mon épée. |
Il ne faut pas en abuser ; c'est vrai ; il peut rendre naïf ; voire, inconscient.
Mais nous sommes faits d'espoirs.
dimanche 26 mai 2013
Peur de la mort (ft. Kappa)
- Hey, est-ce que ça vous fait peur, de mourir ?
- Oui ça nous fait peur, Kappa. Ça nous saisit. Quoique...
- Quoique quoi ?
- Tu peux pas comprendre, Kappa. La vie, c'est pas comme l'irréalité. C'est infini, mais plein de frustrations ; plein de temps qu'on aura cru saisir.
- "Du temps qu'on aura cru saisir", ça c'est dans la chanson Des vies, de Jean-Jacques Goldman.
- Oui, Kappa. Très belle chanson.
- On apprend beaucoup dans vos chansons. On apprend votre solitude, on apprend vos vies plates, vos craintes, mais aussi vos espoirs, vos chances et vos revanches.
- On apprend aussi beaucoup dans nos histoires. Sinon, je pense qu'on a peur de mourir, oui. Mais a-t-on peur de la mort ?
- Et puis c'est quoi, la mort ?
- C'est Beau, ce qu'il a dit.
- C'est Triste de mourir sans avoir assez brillé.
- Tu es déjà mort ?
- Non, Kappa. Ici on ne meurt qu'une fois.
- C'est peut-être pour ça que vous en avez peur.
- Certains n'en ont pas peur. Enfin je n'en sais rien.
- Si vous avez qu'une vie, vous avez sûrement l'impression qu'elle est trop courte, trop fragile.
- Toi, tu connais Fauve.
- Ouais. Hé mais attends, on a parlé de la peur de sa propre mort... mais celle des autres, alors ?
- Ah, celle des autres... celle qui saisit encore plus. Celle qui génère les regards gênés, celle dont on ne veut pas avertir tout le monde. Celle qui nous glace, un peu. Celle qui génère des étreintes, ou des incompréhensions.
- Parce qu'on peut ne pas comprendre la tristesse de quelqu'un qui a perdu un membre de sa famille ?
- La connerie humaine est un puits sans fond. Ouais, et puis y'a les "Bah alors ? Ça va pas ?" auxquels on a envie de répondre "Mais ta GUEULE ! Et me dis pas d'arrêter de m'énerver, putain !". Et voilà.
- Toi, t'as peur que quelqu'un que tu aimes meure ?
- Evidemment que j'ai peur ! J'ai jamais connu ça ; peur de l'inconnu. Mais aussi car je connais des gens qui ont vécu ça, et c'est suffisamment triste ! Mais après, on peut avoir peur de tout. Moi, j'ai surtout peur de mourir bêtement. Genre en me recevant une caisse sur la tête, dans la rue, parce que je regardais mon téléphone.
- Donc la mort fait peur.
- En partie. Surtout qu'on doit se jeter follement dans le peu de temps qui nous est imparti...
- Mais parfois, la peur de la séparation est plus forte que la peur de la mort.
- Oui ça nous fait peur, Kappa. Ça nous saisit. Quoique...
- Quoique quoi ?
- Tu peux pas comprendre, Kappa. La vie, c'est pas comme l'irréalité. C'est infini, mais plein de frustrations ; plein de temps qu'on aura cru saisir.
- "Du temps qu'on aura cru saisir", ça c'est dans la chanson Des vies, de Jean-Jacques Goldman.
- Oui, Kappa. Très belle chanson.
- On apprend beaucoup dans vos chansons. On apprend votre solitude, on apprend vos vies plates, vos craintes, mais aussi vos espoirs, vos chances et vos revanches.
- On apprend aussi beaucoup dans nos histoires. Sinon, je pense qu'on a peur de mourir, oui. Mais a-t-on peur de la mort ?
- Et puis c'est quoi, la mort ?
- C'est Beau, ce qu'il a dit.
- C'est Triste de mourir sans avoir assez brillé.
- Tu es déjà mort ?
- Non, Kappa. Ici on ne meurt qu'une fois.
- C'est peut-être pour ça que vous en avez peur.
- Certains n'en ont pas peur. Enfin je n'en sais rien.
- Si vous avez qu'une vie, vous avez sûrement l'impression qu'elle est trop courte, trop fragile.
- Toi, tu connais Fauve.
- Ouais. Hé mais attends, on a parlé de la peur de sa propre mort... mais celle des autres, alors ?
- Ah, celle des autres... celle qui saisit encore plus. Celle qui génère les regards gênés, celle dont on ne veut pas avertir tout le monde. Celle qui nous glace, un peu. Celle qui génère des étreintes, ou des incompréhensions.
- Parce qu'on peut ne pas comprendre la tristesse de quelqu'un qui a perdu un membre de sa famille ?
- La connerie humaine est un puits sans fond. Ouais, et puis y'a les "Bah alors ? Ça va pas ?" auxquels on a envie de répondre "Mais ta GUEULE ! Et me dis pas d'arrêter de m'énerver, putain !". Et voilà.
- Toi, t'as peur que quelqu'un que tu aimes meure ?
- Evidemment que j'ai peur ! J'ai jamais connu ça ; peur de l'inconnu. Mais aussi car je connais des gens qui ont vécu ça, et c'est suffisamment triste ! Mais après, on peut avoir peur de tout. Moi, j'ai surtout peur de mourir bêtement. Genre en me recevant une caisse sur la tête, dans la rue, parce que je regardais mon téléphone.
- Donc la mort fait peur.
- En partie. Surtout qu'on doit se jeter follement dans le peu de temps qui nous est imparti...
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Ce temps qui file. |
- C'est bien vrai.
- Et la peur d'arrêter de penser, aussi.
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