Du rose s'insinue bien sinueusement
Au gré de la forêt qui l'accueille aisément
Les pins et les sapins - ou sont-ce des bruyères ? -
Aiment cette couleur qui embrasse leur vert.
C’est un monstre serein
Il sait qu’il ira loin
Car tout ce qu’il contient
Çà, pour sûr, il le tient !
Mais c’est aussi un dieu
Qui prend ça pour un jeu
Ou un enfant qui ne
Sera jamais sérieux.
Il est imprévisible,
Bizarre et chaotique,
Et, mieux, bien qu’invisible,
Son emprise tactique
Nous touche, nous agrippe
Il n’hésiterait point
À jeter dans nos tripes
À planter dans nos mains
Son harpon de lumière
Apte à éclater l’air
Dentelle nébuleuse entremêlée de couleurs vraies… On sentirait presque le souffle parfumé de la sève âcre. On sentirait presque le froid de la neige à travers la forêt, Et la pluie des nuages ! On la verrait presque tomber, grisâtre, Tout serait observé, mais nous serions cachés ; Et on respirerait la vie autour du feu.
Une journée, je voudrais, même une bête heure, Que cela soit vrai, autant que les couleurs.