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dimanche 30 août 2015

Reprise de service.

Le personnage lambda a envie de reprendre du service.

J'étais posé, tranquillement, sur un toit bétonné, et je me posais des questions.
Existentielles, les questions. Il faisait nuit, d'ailleurs il fait toujours nuit ici, puisque je le décide.

Assis, donc, sur ce toit. Questions.

La fraîcheur de la nuit. La droiture de mon costume, enfin de ma veste de costard. Elle est belle, cette veste. Un peu argentée. Comme ma DS Lite. Je l'avais mise la première fois que je m'étais incrusté dans une soirée. La veste, pas la DS Lite. Vous auriez vu la tête des gens ! Pas du tout stupéfaits.
Bien simple : ils ne me voyaient pas. Je suis celui qui leur donne corps.

Moi, quand on ne sait pas ce que je fais, je peux être n'importe où. Soirée, rêve, café. Même à minuit, même à 2 × minuit. À danser, courir, siroter. Mais pas au hasard. Les dés sont pipés. Il ne faut pas violer les lois de la physique. Les points ne peuvent pas s'entremêler.

C'est quantique mais rationnel. Pas de 2,5. Ni de 42,74.

Je patrouillais, sur ce toit.

J'avais en tête des molécules à faire bouger, des synapses à activer. À réactiver plus exactement.
J'avais en main une matraque dorée.

Surveiller est un métier à part entière. À entières responsabilités.

Mais la responsabilité est agaçante, elle est plus fun quand on s'en débarrasse. Un coup d'instrument métallique sur sa sale caboche, et hop ! Disparue.

Jongler avec les conventions.

Dans cette nuit sans fin, il fait tout de même jour, mais à certains endroits. Endroits privilégiés ? Non pas. La nuit est bien plus apaisante. Le jour est agité mais monotone. La nuit est stagnante mais variée. Il faut savoir choisir. Élire le meilleur, et le meilleur pire.

Au pire on se trompe, et on rallume la lumière après.

Pour que quelqu'un se tape le luxe de ne pas créer, il faut que quelqu'un crée.
C'est la loi.

Alors je crée, pour la postérité.

Écrins, laissez-vous saisir !
Je saurai vous orner.


Créativement,
Le personnage lambda.

lundi 21 avril 2014

Un martyr océanique

Pouah !
Ce goût âcre, bien crissant dans la gorge, bien brûlant comme il faut malgré sa froideur : l'eau de l'océan. J'ai dû choper quelques planctons au passage.

Tout n'est pas que rose pour les héros ! J'en suis la preuve.

Mais reprenons. Pas n'importe quel océan : un océan dont je ne connais rien et dans lequel ma présence n'est due qu'à l'absence de pitié de la part de mon créateur. Je dis que c'est mon créateur, car il peut me manipuler, mais en vrai je ne vous cacherai pas que je naquis de moi-même à l'intérieur de sa tête. Je ne sais ce qui lui a pris de m'envoyer là.
Je suis sûrement sur une planète océanique errante, en plus. Lui qui aime tant ces idées de voyage spatial transpose ses désirs sur bibi, bah oui, logiquement. Zut, ma vulgarité reprend le dessus alors que je voulais décrire en live mes émotions pour bien faire sentir à mon créateur (rappelez-vous ce que je vous ai dit ci-haut, mais n'en dites rien) qu'il fit preuve d'impunité en m'envoyant là-haut. Quoique...

Ça change, en vrai. Euh, en fait. Euh, malgré la froideur et l'aspect désagréable premiers de l'océan.
Je me retrouve face à de la lumière. Beaucoup de lumière. Je suis sur une planète océanique tournant autour d'une naine rouge, j'ai intérêt à profiter du spectacle car ce n'est pas tous les jours que je peux en voir, moi, des naines rouges. Eh oui, je suis un personnage lambda fainéant. Enfin, je suis le personnage lambda, quoi.

Je n'aurais pas dû crier pouah tout à l'heure, une quantité plus imposante d'eau salée en a profité pour s'incruster dans mon organisme et pèse à présent sur mon estomac. Une remontée en surface ne serait pas de refus ; espérons que cette planète errante ait une atmosphère terrestre et me permette de choper un peu d'oxygène.
Je suis attaché. Il fallait s'y attendre. Les mains, welly, pas de souci, ça peut faire partie d'un délire bizarre de mon créateur. En fait, les pieds aussi. Zut-au-berger ! Wouhou ! Quelqu'un ? J'évite de crier, bien sûr, mais je sens que je vais m'arrêter de respirer. Ça la fout mal. Euh, je veux dire, diantre, je vais décé... oh et puis flûte alors, non mais ça va quoi, j'ai le droit d'être vulgaire et puis c'est tout, en plus je crois que je vais caner dans pas longtemps.

Ça doit vous soûler, ou alors vous souhaitez que je meure. Sadiques que vous êtes ! Au pire, je ressusciterai.
Oh, cette lumière ! De plus en plus vive. Un peu de chaleur, mh, que de bonheur.

Mes pieds se délient. Il fallait s'y attendre, je ne pouvais pas mourir ainsi.
La remontée fut un supplice. Oh, j'admets que j'exagère un tout petit peu, il n'y eut pas de quoi crier de douleur non plus, mais un peu quand même, un tout-tout petit peu.

Rhaaa ! Orgasme des poumons. Je ne savais pas que c'était possible, avant d'être embarqué là-dedans.

Mais...
Rhaaa ! De douleur, cette fois. Comment décrire ce qu'il m'arrive ? Le verbe fondre est le plus adapté. Oui, je fonds. Mais pas vraiment. Comment dire ? Moui, disons que je fonds. Bon, allez, je me lance : c'est plus complexe qu'une fusion. Comme si... comme si... oui ! Comme si je me sublimais.

Oui, je me sublime. Oui, je sais. Où est la logique ? Mais je le sens, je deviens gazeux. Un gaz ionique plus précisément. Je ne cherche même pas à savoir si c'est scientifiquement possible, ni si ça peut avoir une logique, en fait. Je ne cherche même plus à comprendre mon créateur (rappelez-vous de ce que je vous ai dit, toujours discrètement bien entendu), m'est avis que lui seul peut se comprendre (mais chut), un peu comme moi en réalité.

Réalité ? Le mot réalité m'est venu ? Comment ? Je ne sais, mais... ce n'est pas la réalité. Ni même l'irréalité. Ni un rêve.
Cette scène n'existe pas, tout comme mon moi présent n'existe pas ! Ou alors je... , stop, un peu ! Un gaz n'est-il pas censé se diluer dans l'atmosphère, au lieu d'aller dans l'océan ?

Mon âme seule subsiste, mon corps a disparu. C'est malin, j'étais si beau... et orgueilleux (et fier de l'être !), mais surtout, que va-t-il se passer, c'est cela la question ! Car, comme vous en êtes tous avertis depuis votre plus jeune âge, dans une histoire, il doit se passer quelque chose, en permanence. Même quelque chose de plat.

Je lève la tête.
Mais je n'ai plus de tête, me rappelè-je. Comment vois-je ?

L'étoile explose soudain, mais je reste, les bras ballants.
Et j'admire. Je me prends le feu en pleine âme. Que c'est beau !
Et je retourne à l'eau, j'y plonge comme animé par un désir sans limite.
Et je souffre. Je m'en souviendrai toute mon irréalité. Indescriptiblement.

Ma conscience passe soudain, sans transition, à une plage froide, le visage collé contre le sable glacé, un feu s'éteignant à deux pouces de mes cheveux. Un coup d’œil à ma montre : minuit pile. Plein milieu de la nuit. Ce n'était pas un rêve, je le sais.
Ce ne pouvait être un rêve. Qu'était-ce ?
Son imagination me perdra.

mercredi 5 mars 2014

Dis-moi ce que tu trouves Beau...


Oscar Wilde a dit : "la beauté est dans l’œil de celui qui regarde". Même si nous avons les mêmes bases en terme de beauté, de bien et de mal, ... nous ne trouvons pas tous tout beau, ou tout laid. Les nuances existent, et c'est avec soulagement que je le constate. Mais qu'en est-il de la Beauté ? De l'élément Beauté ? Le personnage lambda a un avis pas tout à fait forgé sur la question, mais un peu quand même (dans la mesure du possible, quoi). Et, bien sûr, Kappa aussi est là.

- Dis-moi ce que tu trouves Beau, je te dirai qui tu es.
- Mh ?
- Houlà, pas bien réveillé, Kappa ?
- Si, mais pas au point de comprendre ta question.
- Voyons, fais un effort ! Dis-moi ce que tu trouves beau.
- L'irréalité.
- Et qu'y trouves-tu Beau ?
- Son infinité.
- L'irréalité est une déesse...
- Oui ! Mais ne voulais-tu pas me dire qui je suis ?
- Mh, tout à fait. Tu es un personnage.
- Sans rire.
- À vrai dire, je ne saurais expliquer.
- Alors pourquoi t'être avancé ainsi tout à l'heure ?
- Parce que je sais que ce que quelqu'un trouve Beau peut le définir.
- Dans quelle mesure ?
- Dans la mesure où tu trouves que la Beauté de l'irréalité réside en son éternité.
- (à part) Houlà, pas facile à suivre, le lambda.
- Que murmures-tu ? J'ai tout entendu, rappelle-toi, j'ai un créateur qui me souffle tout ce qui se passe dans ma Belle irréalité.
- Waw, alors c'est vrai ?
- Oui, l'irréalité me sied.
- Et c'est pour ça que tu la trouves Belle !
- Non.
- Quoi ?!
- Pas que. Cette irréalité, j'y suis habitué, mais en même temps, je ne la connais pas entièrement.
- À cause de son infinité ! lança-t-il, fier.
- À cause de son infinité, approuva-t-il. Ou plutôt, rectifia-t-il, grâce à son éternité. Car j'aime n'en pas tout savoir.
- Et pour cela, je peux dire que tu es sage.
- Comment cela ?
- Je m'aventure peut-être sur un terrain dont je n'ai pas toutes les clés.
- Et tu as peur de dire une bêtise ? Boarf, dis-la, tu es irréel, et tu es un chat.
- Je ne suis pas un simple chat ! brailla-t-il.
- D'accord, d'accord. Dis !
- Ta sagesse, pour moi, réside dans l'attirance pour l'irréalité, sans totale volonté d'obtention : tu ne veux pas (ou n'ose pas ?) l'obtenir entière.
- Comme quand on aime : au tout début, l'on n'ose pas les câlins ni les baisers.
- Mais dans ce cas-là, si la fille...
- Ou le garçon !
- ... ou le garçon te kiffe aussi, et que tout se déroule de manière à ce que ça se fasse, tu te la fais (ou te le fais) quand même à la fin.
- Tout en finesse, Kappa !
- Oui, je sais. Mais mon contre-exemple est bien, c'est ce qui compte.
- Oui, revenons-y, tu as raison. C'est pourquoi l'amour n'est pas sage. Et, et là tu as frappé juste, si je trouve, comme je l'ai indiqué ci-haut, que l'irréalité est Belle en raison de son infinité, et donc, par extension, de son mystère et de l'impossibilité pour moi de tout en savoir...
- Si tu pouvais éviter les longues phrases comme ça, ça m'éviterait de choper un mal de crâne.
- Je fais ce que je peux, hein.
- C'est pas vrai ♪ !
- Si, je fais ce que je peux. Tss, reprenons : si je trouve que l'irréalité est Belle parce que je ne possède pas toutes ses vérités, c'est que...
- Tu es un personnage incroyablement romantique et poétique. Et que tu arrives à faire des phrases de moins de trois lignes.
- Oui. Mais saura-t-on jamais exactement définir quelqu'un sur ce qu'il trouve Beau, Kappa ?
- La beauté est dans l’œil de celui qui regarde, souviens-toi, lambda !
- Et donc ?
- Et donc, la Beauté aussi ! Et c'est ainsi que "celui qui regarde" voit la Beauté qu'il veut voir.
- Il la voit aussi par comparaison avec les autres choses, celles qu'ils ne trouve pas Belles.
- Par comparaison, oui ! Comme l'a dit Tom sur son ancien blog...
- Hé, pas mon nom ici, indiqua l'auteur en utilisant une autre couleur pour signaler que c'est lui qui parle.
- Tiens, tu es là ?
- Non, je suis à Narnia ! Non mais quelle question, j'te jure. Mais reprenez. Vous alliez dire ?
- Nous allions dire que, sur ton ancien blog, tu as écrit que la comparaison est une vision commune déformée par l’œil qui la transmet. Nous complétons le travail de ton "moi passé", en quelque sorte.
- Continuez alors ! Je ne voudrais pas vous interrompre. Hihi, j'ai été cité par Kappa, jubila-t-il à travers son "moi passé" en allant tweeter ce moment extraordinaire de sa vie (et il l'a fait, en plus, ce con).
- "La comparaison est une vision commune déformée par l’œil qui la transmet". Il a vraiment dit ça ?!
- Je ne le croyais pas si intelligent, mais apparemment, il l'est un peu.
- Chut, il pourrait nous entendre !
- Mais non. Et, en plus, ce n'est pas le sujet.
- Oui, tu as tout à fait raison. "La comparaison est une vision commune déformée par l’œil qui la transmet", reprend-il ... je dois bien avouer qu'il y a du vrai là-dedans.
- En tout cas ce n'est pas faux, je trouve. Puisque la comparaison est la prise de décision quant au statut de quelque chose pour définir si cette chose-là est mieux ou pire que cette autre, plus belle ou plus laide, bref, à tout simplement parler d'untel en prenant pour base tel autre et vice-versa, ce qui nous amène...
- ... à nous demander qui, tout à l'heure, reprochait à qui de faire des phrases de trois lignes.
- ... à te mettre un uppercut si tu continues, mais surtout à conclure que la Beauté, tout comme la beauté, n'existe pas tant qu'elle n'a pas été perçue par quelqu'un.
- On tient notre conclusion ! Tu sais que je t'aime bien ?
- Oui, je sais.

samedi 3 août 2013

Phases.


Quoi que les gens fassent,
quoi que les gens montrent,
ils sont comme la Lune.

Peu importe la phase de la Lune, peu importent ses conséquences (loups-garous, énervements), la Lune reste toujours cet astre territoire d'imagination et territoire de spéculations scientifiques et poétiques.

La Lune tournera toujours autour de la Terre, quoi que le Soleil daigne en montrer, quoi que la Lune elle-même daigne montrer d'elle.

La Lune sera toujours une sphère rocheuse gravitant autour de notre planète. Sa face cachée restera toujours cachée, sauf pour ceux qui oseraient violer son intimité.

La Lune sera toujours rebelle, elle conduira toujours ses armées-marées.

Elle sera toujours belle.

Qu'elle montre sa plénitude ou un maigre croissant, elle sera toujours aussi pleine à l'intérieur que d'habitude.
Seule son apparence aura changé.
L'apparence ne compte pas tant que ça.

L'apparence attire ; ce qui se situe à l'intérieur fait rester ou fait fuir.

Heureusement parfois,
malheureusement parfois,
nous resterons le même, et ce, toute notre vie. Ou presque... si tant est qu'on change d'orbite. Car, tant qu'on reste en gravitation autour des mêmes choses, nous restons le même, nous influençons toujours autant ces choses et elles nous influencent toujours autant en retour.

Peu importe la phase, donc.
Enfin je n'en sais rien.

Lunatiquement,
Le personnage lambda.

jeudi 1 août 2013

Promesse et plaintes.

De : Lambda
À : n'importe qui

"Je te promets de n'pas l'aimer".

Ça sonne putain de faux. Comme si on pouvait promettre une chose pareille ! Comme si on pouvait prévoir à l'avance que notre cœur évitera d'aimer telle personne ? C'est impossible.

Et pourtant, je l'ai promis. Certes, un peu à la va-vite, mais enfin ça tient lieu de promesse tout de même ! Et si je ne tenais pas parole, cela vaudrait-il ?

Enfin, ce n'est pas non plus la promesse de ma vie, ça ne va pas me poursuivre indéfiniment, et puis je n'ai pas un âge très avancé non plus !


J'ai lancé cette promesse au détour d'un couloir d'un château dont je ne me rappelle plus tellement le nom, un château assez froid, qui incitait aux promesses, qui incitait à promettre tout un tas de trucs plus solennels les uns que les autres, enfin vous voyez l'ambiance, quoi ?

Comme si tout un tas de pixels devenaient morts, hop, d'un coup.
Des possibilités évincées.

Je lance tous ces mots au hasard, un peu hétéroclitement, en bazar, en souk, en fouillis, parce que d'un coup c'est aussi fouillis que ça dans ma tête.
Hé, l'année prochaine, si je tombais amoureux d'elle dans ces mêmes couloirs qui ont vu ma promesse ?
D'une ironie mordante !

Tiens, elle, j'aurais évidemment dû et pu la câliner bien avant, ou alors ne pas le faire du tout, puis un autre a commencé à la faire rire et je me suis précipité et je suis passé pour le bouffon du seigneur de ce même château.

Hé ! Stop ! Mais je n'ai que quinze ans ! Au diable mes plaintes ! Quinze ans ! Vivez, quand vous avez quinze ans. Et même après, même à seize ans et à dix-sept. Haut les cœurs ! On a encore tant d'histoires à vivre ! Quinze ans ! Que signifient mes plaintes !

Ah, cette envie de se plaindre ! Mais que nos plaintes sonnent faux ! Un patchwork inextricable de kaléidoscopes déformerait moins bien la vérité.

En tout cas, j'ai le droit d'aimer qui je veux.
Ainsi, je te promets de ne pas l'aimer, jusqu'à nouvel ordre.

Volontairement,
Le personnage lambda.
Enfin je n'en sais rien.

samedi 29 juin 2013

Déclaration de non-amour.

Je ne suis pas amoureux.

Certes, un personnage, pour satisfaire pleinement le lecteur, et pour ajouter du sentiment, pour ajouter de l'humain à l'histoire, doit tomber amoureux, et le rester, et surtout vivre une grande histoire d'amour avec celle, ou celui, qu'il considère désormais comme l’Élu de son cœur.

Il doit aussi, pour que ça ne semble pas trop beau, et pour que ça reste un peu réaliste quand même, faire en sorte que cette histoire soit un peu compliquée.
Il doit aimer, certes, avec passion, mais il doit douter de cet amour ; il doit se demander si les implications de ses sentiments ne vont pas affecter la vie qu'il mène avec ses amis. Il doit souvent s'interroger, retourner la question sous tous ses angles, pour enfin déduire que tout cela ne risque pas de détruire son "moi actuel".
Le personnage amoureux a ensuite pour mission de croire qu'il est amoureux d'un autre, ou d'une autre, et de douter encore (le doute est important) de cet amour nouveau.

Le personnage doit, s'il veut plaire, s'il ne veut pas ennuyer, utiliser les mots les plus mélodramatiques pour souligner à quel point se situe son désespoir de ne pas pouvoir être tout le temps avec sa belle (ou son beau).
Mais il doit aussi ne pas trop déprimer, et alors chanter les louanges de cet amour toujours renouvelé par l'espoir de revoir l’Élu, l'Unique, et aussi par le sentiment de complétude éprouvé avec cette personne irremplaçable.
Il doit, également, dire à tous, clamer sur tous les toits, ô combien il est plaisant de se trouver en compagnie de l'Indispensable.

Enfin, pour que l'illusion soit parfaite, il doit être amoureux.

Je ne suis pas amoureux.
Cependant, j'âme.

Sentimentalement,
Le personnage lambda.

vendredi 14 juin 2013

Oscillons.

J'aime osciller.
Aligner un pas après l'autre sur un fil tendu entre deux imaginaires. Sur un fil tendu entre deux trottoirs, entre deux miroirs, deux arts.

Les trottoirs que je crée sont si frêles qu'ils ne sont que des fils de goudron, de béton ou d'asphalte ou que-sais-je encore ; des fils obéissants mais fragiles. Des cordelettes éphémères que je me trace oniriquement sous la semelle.

Les miroirs, eux, sont plus complexes. Leur capacité à réfléchir est fascinante, et le moindre grain de lumière les affole et les transforme. Et le moindre photon est un point de plus sur la curviligne ligne que je me suis faite.

Les arts, à présent, sont des outils. Ils créent, imaginent, fond abstraction, se rebellent, dessinent, crient, colorent, chuchotent. Chaque couleur et chaque son, chaque note, envole mon corps-esprit vers de nouveaux ailleurs (better, stronger). Ce sont des outils intelligents ; forts ; imbus d'eux-mêmes, certes, mais sans égaux.


Tout cela est bien oscillant.

Pourquoi osciller ? Parce que c'est excitant.

Osciller entre deux styles, osciller entre deux temps, deux désirs, deux lieux, voire trois, voire des centaines ; peut-être des milliers !

On découvre souvent quelque chose, quelqu'aspect, quelqu'odeur que l'on n'avait pas perçu(e) la dernière fois.

Alors on prend son temps. On flâne, on rêve, on s'endort tout en veillant à l'onirique façon de dépeindre ce que l'on admire...

Osciller permet au personnage de ne pas se sentir constant ; alors, c'est la fête. On visite les enfers froids et le paradis chaud, les cieux frais et les atomes glacés, tout en frissonnant, en transpirant, en suant de l'encre par les veines, pour écrire ce qui nous alerte. Et on aime.

Inconstamment,
Le personnage lambda.

samedi 1 juin 2013

Dieu lambda

Toute croyance ici développée n'est que celle du personnage lambda.
Cher humain,
Je dis que je ne le connais pas, mais au fond je le connais plutôt pas mal le Big Magnet. Au fond c’est un personnage comme moi et Moi et Kappa et Êta. Un personnage dans lequel on place les valeurs qui nous tiennent à cœur. Ron Weasley, Artemis Fowl, et cætera et cætera, eux aussi ce sont des dieux. On place en eux des choses qu’on veut croire fermement, la peur débile ou la tactique utile, la pensée multiple et tant encore.

Au fond, Dieu, il est pas mal. On dit qu'il a mené pas mal de guerres mais tout n’est qu’une question de perception ; et au fond j’ai raison, et pas qu’au fond ; pas qu’au fond car il n’a pas mené de guerre, les gens ont juste transformé les valeurs qu’ils avaient placées en leur personnage, c’est tout.

Tiens, Dieu, je voudrais savoir un truc, au fond ; oui parce que je te connais mais je connais pas toute ton histoire, je suis pas né il y a des millions d’années moi, j’ai rien vu, rien lu, rien entendu et surtout rien compris ; si ça se trouve tu voulais les dinosaures mais pas les humains non ? T’aurais fait les dinosaures à ton image, ça me semble drôle comme idée. Ou sinon les dinosaures c’était une bêtise et tu les as remplacés par les humains… enfin j’en sais rien, en même temps les humains c’est pas une grande réussite non plus.

Je te l’ai dit, au fond j’en sais fichtre rien, tout n’est qu’idées, que théorèmes, que théories, que si, que peut-être mais aussi tellement d’étreintes, de joie, d’amitié et de complétude. Alors peut-être que si mes théories étaient plus que des théorèmes ou que de simples idées, peut-être que j’en saurais un peu plus, mais voilà, je ne suis qu’humain et le savoir est infini.

Au fond, Dieu, il est comme ça, il n’en sait rien non plus, il a fait les humains comme ça, il s’en mord un peu les doigts mais il les aime quand même au fond de lui parce que c’est son œuvre et que malgré tous les efforts de l’univers, une œuvre a plein de défauts. 

Au fond Dieu c’est un débutant un peu, il est maladroit, d’abord il sait pas comment raisonner les humains, il a fait son Livre des morts pour les égyptiens, sa Torah son Coran sa Bible et cætera mais ça a pas suffit pour calmer les prétentions de certains humains qui ont tout "compris de travers", avec des guillemets – évidemment qu’ils n’ont pas tout compris de travers ; ils n’en ont juste pas cure. Alors même si Dieu est tout de même au-dessus d'un peu de papier, il veut encore tenter de convaincre les Hommes de pas faire trop de conneries en son nom ; ça marche plutôt moyen…

Alors au fond Dieu c’est un personnage un peu débutant mais qui a quand même pas mal de pouvoir ; quand t’es Dieu t’as quand même créé les fleurs, les animaux, la Beauté naturelle et cætera et cætera. Et c’est pas mal.

Donc au fond Dieu je le connais pas mal ce personnage.
Et certaines personnes sont pas futées non plus, aussi.

Divinement,
Le personnage lambda.

lundi 20 mai 2013

Poème lambda.

Petits coups d’œil à droite, à gauche,
Il avance en croisant les doigts,
Regard lointain, mains dans les poches,
Il ne pense à rien de bien droit,

Il ne pense à rien de sain - à rien d'humain
Rien de réel - et rien de fade
Rien de sympa - et rien de fin.

Il se sert une limonade                         Puis il est là incognito !
Volée dans un faux bar                       Car l'histoire n'est pas nette,
Versée dans un faux vers                    Mais il faisait un peu chaud,
Et qu'il sirote sans vouloir                    Et ce n'était pas la fête :
Avoir l'air tout plein de mystères.         Il fallait un peu se distraire,
                                                            S'abandonner au rêve étrange Mon personnage a pu donc faire
un saut, un peu comme un ange.

Et il avance par à-coups,                   et il avance sans effort,
Imaginant, de ci, de là,                       imaginant la vie plus loin,
Un petit scénario pas fou                   toujours un peu en désaccord
Avec les gens qui pensaient là.           avec les gens qui n'aiment point.

Et il se meut sans avoir peur               et il sépare une idée noire
Des erreurs bêtes et des râleurs         d'une âme ne méritant pas
Qui ralentissent son honneur.              tristesse et pleur et désespoir.
Et il marche sans qu'il ne meure.         Et il fait taire les effrois.

mardi 14 mai 2013

Importance.

Moi je pense que tout le monde s'en fout, de l'importance première d'une chose. Après, peut-être ce que je dis est-il sans importance.

L'amour de l'acte. - La plus jolie fin du monde
Toujours, les personnages ont leur importance fixée dès le début d'un livre. L'auteur l'a décidé ; lambda se posera sans cesse des questions et tentera d'y répondre et il sera le personnage principal quand même. Kappa sera son chat, et même s'il porte une marque comme nom il sera anticapitaliste parce que c'est un chat.

Le scénario est fixé, à quelques vis (et à quelques vices) près, les personnages ont leur fonction, ils feront ça et ça et ça, Êta tuera le dragon infâme de Tau, parce que c'est comme ça, parce que le dragon est méchant et qu'il a rasé une ville, du coup il faut le tuer (c'était une ville vide). L'importance de ce dragon est évidente : sans méchant, l'ensemble s'écroule, le yin et le yang, tout ça, la mythologie, les délires cosmiques. Êta a une importance sans qu'on ait besoin de le dire, parce que c'est un chat (un copain de Kappa) et qu'il a tué le dragon. Vous ne saviez pas qu'Êta était un chat ? Un chat mignon, de surcroît. Son importance est multipliée, d'un coup. Mais le dragon aussi était mignon. Bah oui, vous l'avez jugé sans le connaître, aussi. Tout ça parce qu'il a rasé une ville vide. Mais du coup il fallait lui ôter la vie. Faudrait savoir. Il est mignon mais méchant parce qu'il a rasé une ville vide. Mais même s'il est mignon, il est mort ! Sauf que vous ne saviez pas qu'il était mignon ni que la ville était vide.

Au fait, vous avez pensé aux autres personnages après la mort du dragon ? Désœuvrés, désemparés, leur but envolé, leurs idéaux accomplis, il ne leur reste plus rien à faire. À part chercher un autre dragon. Et lui faire raser une autre ville vide.

Moi je pense que tout le monde s'en fout.

Enfin je n'en sais rien.

Notablement,
Le personnage lambda. 

jeudi 18 avril 2013

Le personnage lambda chante.


Je chante très souvent. En tant que personnage, ça ferait assez mal vu dans une histoire - ou, du moins, affreusement décalé.
Alors je m'échappe.

Je vais quelque part où personne ne me connaît : un pays que je viens d'inventer, une île perdue dans mes idées, une planète, une lune, une étoile, une galaxie ; mon imaginaire.

Tout est possible ici : je suis un personnage.
Je peux être dans deux endroits à la fois : dans une salle de classe et dans un nuage, en plein milieu du pire des conflits et à la gare de King's Cross. Et je chante.

Écouteurs aux oreilles ou musique à fond sur mon haut-parleur, je suis libre. Parfois, je danse ; je m'inspire alors de MJ, sans grand succès artistique mais un bon résultat : la légèreté.
Les soucis, les lettres affreuses, les mauvaises considérations, les incompréhensions, ... s'étiolent, à chaque pas de danse et à chaque mot chanté.

Chaque fois, la musique entend ma prière : envole-moi, on ira, là-bas, ensemble.

Musicalement,
Le personnage lambda.

dimanche 14 avril 2013

Figurant.

Je suis invisible, sur cette Place de la République. Nom lambda. Quelque part dans le XXIème siècle. Elle me plaît, cette place.

Je suis invisible pour tous. Mh, ils ne font pas gaffe à moi, plutôt. Ça ne les intéresse même pas de m'observer. Ça ne les intéresserait même pas de me voir pleurer. Je ne suis qu'un figurant.

Je peux faire ce que je 
Je fais partie d'une foule compacte où je suis seul.
Seul, avec mes écouteurs, à écouter du Saez.
Je pourrais débrancher mes écouteurs et mettre ça à fond dans la rue. Personne n'écouterait.

Rien à faire ici.
À part être invisible.

- Je me demande ce que ça ferait de partir.
- Où ?
- Loin.
- Seul ?
- Jamais seul.

En attendant, je suis sur la Place de la République, 10h46, XXIème siècle.

Evidemment,
Le personnage lambda.

samedi 30 mars 2013

Le personnage lambda en a marre...

Le personnage lambda en a marre des gens qui considèrent ses états d’âmes comme inutiles.

C’est vrai, ça ! J’ai beau être un personnage, fictif donc, j’ai quand même des sentiments. Des sentiments de personnage. Et quels sentiments ! On me torture avec ces sentiments.

Exemples.
Quand j’ai l’impression de n’être qu’une illusion : tristesse.
Quand je me rends compte que c’est vrai : je bloque. M’voyez ?

Rien à voir avec ceux qui ne veulent pas me lire. Mh, ces gens-là sont presque raisonnables : ils ne savent pas : ils ne peuvent pas savoir ; ceux qui me lisent savent : ils doivent savoir ! M’voyez ?

Ceci dit, ceux qui ne veulent pas me lire, je leur fait la gueule, parce que je suis intéressant.
Et égocentrique, aussi, un peu.

En tout cas, disais-je, j’ai des sentiments. Purs. Un personnage est tellement torturé de sentiments, qu’il ne les possède pas ! Sans possession, les sentiments sont plus purs. C’est Orelsan qui l’a dit.

Et mes sentiments sont utiles. Pas futiles, pas inutiles, pas négligeables, pas atomiques, ni microscopiques. Invisibles serait un mot plus juste pour les désigner. Tangibles, aussi.

Je n'sais pas quoi mettre qui finit par -ement.
Lpl.

mercredi 27 mars 2013

Quelqu'un sur le quai

Je ne m'y connais pas bien en gares, mais je sais qu'un jour, dans une gare... mh, plutôt sur un quai... mh, laissez-moi tout raconter depuis le début. Et puis j'ai le temps.

Un train, un jour, à une heure très précise - comme toujours lorsqu'on prend le train, pour x raisons que nous ne connaîtrons jamais - s'arrêta sur un quai. Dans ce train, monta un homme habillé de noir jusqu'à la fin de ses habits. Il était assureur ; ironie ! car dans sa vie sentimentale, il n'assurait pas. Une femme monta. Il l'aima. Mais cette histoire dans l'histoire est sans importance.

Il était donc quatorze heures quarante-douze quand le conducteur actionna sa machine. Il aimait son métier ! Oh, qu'il l'aimait. Mais... mh, parfois, il regardait le ciel et se demandait s'il n'aurait pas préféré conduire son train dans les airs.

L'homme à la mallette noire s'en foutait, des rêves du conducteur. La femme s'en foutait, de l'assureur. Le chien de la femme s'en foutait, de la femme. Le conducteur s'en foutait, des trois.

Le conducteur était donc dans sa cabine, à réfléchir à la meilleure manière de propulser un train dans les airs. Et il vit le personnage lambda sur le quai. Ce personnage étant joueur, il salua le conducteur-rêveur. Celui-ci le regarda longuement. Il bloqua. Quelqu'un lui accordait enfin attention ! Il pourrait peut-être lui parler de son rêve de train céleste...

Le conducteur-rêveur ouvrit la porte de sa foutue cabine, pour aller à la rencontre de ce personnage bizarre qui le saluait. Il laissa son train continuer sa route sans lui. La femme, l'assureur et le chien mourraient peut-être un peu plus loin.

Il y avait quelqu'un sur le quai. Il y avait.

mercredi 20 mars 2013

Présentation

Mh, je suis un personnage lambda. Mon nom est Jean Dupont ou Frank Durand ; je suis parfois anonyme, parfois je ne suis même pas décrit.

Je suis le héros, je suis coupable, victime, neutre ou sage. Je suis fluctuant. Je me déplace d'histoire en histoire, endossant des rôles banals, ou au contraire j'agis de façon originale. Parfois, je subis les désirs désordres de mon créateur.

Je suis le résultat d'un manque de créativité de la part de mon créateur, ou le résultat de sa volonté d'avoir un personnage plus que normal. Je suis le personnage des jeunes auteurs inexpérimentés, ou celui du philosophe critiquant avec rage le clonage intellectuel de notre société.

Je suis le personnage le plus sollicité.

Je suis le personnage des extrêmes, bien que je sois le personnage le plus normal qui soit.

Je suis celui qui aime celle qui m'aima. Je suis un criminel. Je suis un idiot et un génie, un danseur et un plombier, un maçon et un sportif de haut niveau ; je suis celui qui fait tout et qui ne fait rien.

Je suis un prophète, un terroriste, un écrivain, un poète maudit, un accordeur d'orgues à chats, un robot, un salaud et un mauvais chanteur. Je suis blond, brun, roux, bleu, vert, jaune, j'ai les yeux noirs, noisette, rouges, violets, arc-en-ciel.

Je suis petit, grand, bossu, aveugle, sourd, maigre et obèse ; je suis malade, et je pète la forme car j'ai mangé des haricots à midi ; il est dix heures cinquante-cinq, nous sommes le vingt-quatre décembre mille neuf cent quarante-douze, nous sommes en été, en automne, à la mer, devant chez moi.

J'ai toutes les cultures, je suis voyageur du temps et de l'esprit.

Je me répète souvent.

Mh, je suis un personnage lambda. Mon nom est Jean Dupont ou Frank Durand ...