samedi 29 juin 2013

Déclaration de non-amour.

Je ne suis pas amoureux.

Certes, un personnage, pour satisfaire pleinement le lecteur, et pour ajouter du sentiment, pour ajouter de l'humain à l'histoire, doit tomber amoureux, et le rester, et surtout vivre une grande histoire d'amour avec celle, ou celui, qu'il considère désormais comme l’Élu de son cœur.

Il doit aussi, pour que ça ne semble pas trop beau, et pour que ça reste un peu réaliste quand même, faire en sorte que cette histoire soit un peu compliquée.
Il doit aimer, certes, avec passion, mais il doit douter de cet amour ; il doit se demander si les implications de ses sentiments ne vont pas affecter la vie qu'il mène avec ses amis. Il doit souvent s'interroger, retourner la question sous tous ses angles, pour enfin déduire que tout cela ne risque pas de détruire son "moi actuel".
Le personnage amoureux a ensuite pour mission de croire qu'il est amoureux d'un autre, ou d'une autre, et de douter encore (le doute est important) de cet amour nouveau.

Le personnage doit, s'il veut plaire, s'il ne veut pas ennuyer, utiliser les mots les plus mélodramatiques pour souligner à quel point se situe son désespoir de ne pas pouvoir être tout le temps avec sa belle (ou son beau).
Mais il doit aussi ne pas trop déprimer, et alors chanter les louanges de cet amour toujours renouvelé par l'espoir de revoir l’Élu, l'Unique, et aussi par le sentiment de complétude éprouvé avec cette personne irremplaçable.
Il doit, également, dire à tous, clamer sur tous les toits, ô combien il est plaisant de se trouver en compagnie de l'Indispensable.

Enfin, pour que l'illusion soit parfaite, il doit être amoureux.

Je ne suis pas amoureux.
Cependant, j'âme.

Sentimentalement,
Le personnage lambda.

mercredi 26 juin 2013

Applaudissements.

Rythmes réguliers, sonorités répétées, qui coulissent admirablement.

Applaudissements frénétiques.
Son violon à la main,
le musicien
joue avec les notes les plus folles.

Applaudissements cadencés.
Ma tête emplie de ce son, je souris et j'écris.

Applaudissements légers.
La mélodie se fait plus douce
presqu'éteinte
un peu triste.

Applaudissements de fin.
Puis,
contre toute attente,
la musique reprend,
plus vite, plus vive,
ensoleillée.

Applaudissements admiratifs.
Puis
c'est vraiment la fin,
d'un coup, un seul,
subitement,
inopinée.

Applaudissements silencieux.

sous l'influence de notre ami le violon de David Garrett jouant Bach,

samedi 15 juin 2013

Mon moi passé

Parfois, je croise mon moi passé.
Il est bizarre. Je pense qu'il pense aussi que je suis bizarre.

Parfois, je relis des messages, je relis des poèmes, des mots ; je revis des étreintes, je revis des regards, des piques, des disputes, des rires, des pleurs.

Et mon moi passé est bien différent de mon moi présent. Déjà, ses amis ont changé. Ses habitudes ont évolué. Sa mentalité a évolué. Et puis, même s'il aimait profondément écrire, comme mon moi actuel, ce n'était pas la même chose, les mêmes évènements, qui l'animaient.

J'ai l'impression qu'avant, j'avais besoin d'amour (besoin qui, du haut de mes quinze ans, est purement futile, qu'on se le dise). Mais là j'ai surtout besoin d'amitié ; besoin comblé, soit dit en passant : je suis dans un bon groupe d'amis et, malgré quelques engueulades par-ci par-là, quelques incompréhensions aussi, on a une belle histoire.

Certains sont partis, d'autres se sont ajoutés, des liens ont changé, des liens se sont créés, renouvelés, transformés ; d'autres liens ont complètement disparus, je n'en regrette rien.

Je suis heureux.
Je me pose toujours autant de questions fatalistes, mais j'ai vraiment l'impression d'être moins oppressé par ce qui m'entoure, d'être beaucoup plus décontracté (oh, la belle vie ; sans amour, sans soucis ). Et puis mes questions sont quand même beaucoup plus philosophiquement fatalistes que oppressemment fatalistes, ce qui est un plus.

Et puis mes goûts musicaux ont changé, aussi ! Certes, je suis toujours aussi fan de Jean-Jacques Goldman et de Jason Mraz, cependant je me suis mis à réfléchir sur leurs textes, et j'écoute aussi Fauve, du classique, etc., je ne vais pas tout énumérer non plus, mais je vois bien que j'ai changé.

Parfois je croise mon moi passé et je me demande si j'étais vraiment heureux. Je suppose, mais je suppose également que si j'étais d'un coup téléporté dans le passé, je voudrais à tout prix revenir dans le présent ! Il n'y a plus que le présent qui compte, dorénavant. Et un peu le futur aussi.

En tout cas, j'ai bien changé, et ce n'est pas fini ; j'ai du temps devant moi : je n'ai que quinze ans !

vendredi 14 juin 2013

Oscillons.

J'aime osciller.
Aligner un pas après l'autre sur un fil tendu entre deux imaginaires. Sur un fil tendu entre deux trottoirs, entre deux miroirs, deux arts.

Les trottoirs que je crée sont si frêles qu'ils ne sont que des fils de goudron, de béton ou d'asphalte ou que-sais-je encore ; des fils obéissants mais fragiles. Des cordelettes éphémères que je me trace oniriquement sous la semelle.

Les miroirs, eux, sont plus complexes. Leur capacité à réfléchir est fascinante, et le moindre grain de lumière les affole et les transforme. Et le moindre photon est un point de plus sur la curviligne ligne que je me suis faite.

Les arts, à présent, sont des outils. Ils créent, imaginent, fond abstraction, se rebellent, dessinent, crient, colorent, chuchotent. Chaque couleur et chaque son, chaque note, envole mon corps-esprit vers de nouveaux ailleurs (better, stronger). Ce sont des outils intelligents ; forts ; imbus d'eux-mêmes, certes, mais sans égaux.


Tout cela est bien oscillant.

Pourquoi osciller ? Parce que c'est excitant.

Osciller entre deux styles, osciller entre deux temps, deux désirs, deux lieux, voire trois, voire des centaines ; peut-être des milliers !

On découvre souvent quelque chose, quelqu'aspect, quelqu'odeur que l'on n'avait pas perçu(e) la dernière fois.

Alors on prend son temps. On flâne, on rêve, on s'endort tout en veillant à l'onirique façon de dépeindre ce que l'on admire...

Osciller permet au personnage de ne pas se sentir constant ; alors, c'est la fête. On visite les enfers froids et le paradis chaud, les cieux frais et les atomes glacés, tout en frissonnant, en transpirant, en suant de l'encre par les veines, pour écrire ce qui nous alerte. Et on aime.

Inconstamment,
Le personnage lambda.

samedi 8 juin 2013

Optimismes : espoir, hope, esperanza

Je le fais pour quelques personnes qui ne méritaient pas certaines choses. Si le message passe, tant mieux. S'il ne passe pas, je l'aurais quand même fait...

J'ai déjà fait un texte optimiste disant de se souvenir de l'avenir. Là, je vais parler de l'espoir. Vous connaissez ? Ce truc qu'on saisit pas forcément tout le temps, mais de l'espoir il y en a partout. De l'espoir il y en a dans chaque souffle, dans chaque respiration, dans chaque inspiration, expiration, dans chaque plainte, dans chaque râle de chaque dragon et de chaque démon qui sommeille en nous.

De l'espoir, il y en a dans chacun de nous, même dans ceux qui espèrent ne plus jamais avoir à espérer.
Et, même si on ne le voit pas, l'espoir est fou. On peut espérer mourir, bien sûr, mais on peut aussi espérer vivre et pas seulement survivre.

Espoir. Ce mot qui sonne comme un souffle, un nouveau souffle, et qui s'achève sur une tonalité complète, souveraine, reine et sereine.

Hope. Comme un saut, comme un bond, comme un éclair, comme un rayon. Comme un chant, de partisans, prêts à tout, pour vivre. Comme un cri doux, subtil, intelligent... rayonnant.

Esperanza. Comme une balade, comme une longue discussion. Comme un parfum qui se diffuse lentement, un parfum doux, un parfum clair, limpide, simple, sans artifices, sans maquillage. Une statue longue à construire mais légère et solide...

- Pourquoi n'abandonnes-tu pas ?
- Parce que... j'arrive encore à porter mon épée.
L'espoir, je veux en distribuer pour les personnes qui méritent d'être heureuses tout simplement au lieu de sourire tout en pleurant derrière.

Il ne faut pas en abuser ; c'est vrai ; il peut rendre naïf ; voire, inconscient.
Mais nous sommes faits d'espoirs. 

dimanche 2 juin 2013

Optimismes : se souvenir de l'avenir.


Se souvenir de l'avenir parce qu'à quinze ans j'ai encore la vie devant moi, et ce ne sont pas les broutilles de mon âge qui vont m'arrêter. Se souvenir de l'avenir parce que c'est normal qu'à mon âge je n'aie pas encore accompli de grandes choses.

Se souvenir de l'avenir même si on est sidérés par l'inactivité des hommes politiques, parce qu'on a quand même le pouvoir de faire changer les choses.

Se souvenir de l'avenir parce qu'on a encore tellement de choses à vivre ;
Se souvenir de l'avenir parce que la vie est faite de surprises.

Se souvenir de l'avenir en s'inspirant du passé pour ne pas refaire les mêmes erreurs, aussi minimes soient-elles.

Se souvenir de l'avenir parce que tout change continuellement,
Se souvenir de l'avenir parce qu'il ne doit pas être oublié sous prétexte que le passé est peu génial.

Se souvenir de l'avenir parce que même s'il se termine par la mort, on vit à chaque seconde.
Se souvenir de l'avenir sans vivre chaque jour comme le dernier.

Se souvenir de l'avenir parce qu'un jour on aura tout oublié, on aura oublié nos doutes et nos incertitudes, on aura oublié nos peur et nos erreurs, on aura tout oublié sauf nos espoirs.
Se souvenir de l'avenir en vivant quand même dans le présent...

Se souvenir de l'avenir enfin parce que rien n'est impossible.

samedi 1 juin 2013

Dieu lambda

Toute croyance ici développée n'est que celle du personnage lambda.
Cher humain,
Je dis que je ne le connais pas, mais au fond je le connais plutôt pas mal le Big Magnet. Au fond c’est un personnage comme moi et Moi et Kappa et Êta. Un personnage dans lequel on place les valeurs qui nous tiennent à cœur. Ron Weasley, Artemis Fowl, et cætera et cætera, eux aussi ce sont des dieux. On place en eux des choses qu’on veut croire fermement, la peur débile ou la tactique utile, la pensée multiple et tant encore.

Au fond, Dieu, il est pas mal. On dit qu'il a mené pas mal de guerres mais tout n’est qu’une question de perception ; et au fond j’ai raison, et pas qu’au fond ; pas qu’au fond car il n’a pas mené de guerre, les gens ont juste transformé les valeurs qu’ils avaient placées en leur personnage, c’est tout.

Tiens, Dieu, je voudrais savoir un truc, au fond ; oui parce que je te connais mais je connais pas toute ton histoire, je suis pas né il y a des millions d’années moi, j’ai rien vu, rien lu, rien entendu et surtout rien compris ; si ça se trouve tu voulais les dinosaures mais pas les humains non ? T’aurais fait les dinosaures à ton image, ça me semble drôle comme idée. Ou sinon les dinosaures c’était une bêtise et tu les as remplacés par les humains… enfin j’en sais rien, en même temps les humains c’est pas une grande réussite non plus.

Je te l’ai dit, au fond j’en sais fichtre rien, tout n’est qu’idées, que théorèmes, que théories, que si, que peut-être mais aussi tellement d’étreintes, de joie, d’amitié et de complétude. Alors peut-être que si mes théories étaient plus que des théorèmes ou que de simples idées, peut-être que j’en saurais un peu plus, mais voilà, je ne suis qu’humain et le savoir est infini.

Au fond, Dieu, il est comme ça, il n’en sait rien non plus, il a fait les humains comme ça, il s’en mord un peu les doigts mais il les aime quand même au fond de lui parce que c’est son œuvre et que malgré tous les efforts de l’univers, une œuvre a plein de défauts. 

Au fond Dieu c’est un débutant un peu, il est maladroit, d’abord il sait pas comment raisonner les humains, il a fait son Livre des morts pour les égyptiens, sa Torah son Coran sa Bible et cætera mais ça a pas suffit pour calmer les prétentions de certains humains qui ont tout "compris de travers", avec des guillemets – évidemment qu’ils n’ont pas tout compris de travers ; ils n’en ont juste pas cure. Alors même si Dieu est tout de même au-dessus d'un peu de papier, il veut encore tenter de convaincre les Hommes de pas faire trop de conneries en son nom ; ça marche plutôt moyen…

Alors au fond Dieu c’est un personnage un peu débutant mais qui a quand même pas mal de pouvoir ; quand t’es Dieu t’as quand même créé les fleurs, les animaux, la Beauté naturelle et cætera et cætera. Et c’est pas mal.

Donc au fond Dieu je le connais pas mal ce personnage.
Et certaines personnes sont pas futées non plus, aussi.

Divinement,
Le personnage lambda.