vendredi 7 mars 2014

Un souvenir existe, en moi, d'un bel été



Comme un parfum de sève qui entête et plaît
Comme un débris de verre qu’on a trop brisé
Comme un souffle de vie toujours instantané
Comme une mélodie qu’on a trop répétée
Un vieux tourne-disque qui ne veut plus tourner
De toute façon le disque était abîmé
On n’aurait entendu que des voix saccadées
Comme un rêve naïf au pays des pensées ;

Un souvenir existe, en moi, d’un bel été ;
J’étais possédé fou, je le crois (une fée !) ;
C’était un temps magique, un peu comme utopié,
(Une fille aux traits longs, cheveux blonds parfumés !)

Cette fille, assemblée par la lumière même,
Est ce temps de douceur où la liberté sème
Des étincelles d’elle à chaque pas qu’on fait,
Des notes de flûte quand, sur un lit, couché,
Nous fermons doucement les yeux, et nous rêvons
Et quand la musique s’arrête, nous prenons
La main de la musicienne, et nous dansons.

Nous retrouverons le disque l’année suivante,
Il sera de nouveau fait pour bien resplendir ;
Arc-en-céleste fée, déterminée à rire,
Libre, joyeuse, jolie, et presque insolente,
Comme la vie enfin, enfin comme la vie ;
Enfin je dis enfin ... ce n’est jamais fini !

Inspiré par : Within Daft Punk

mercredi 5 mars 2014

Dis-moi ce que tu trouves Beau...


Oscar Wilde a dit : "la beauté est dans l’œil de celui qui regarde". Même si nous avons les mêmes bases en terme de beauté, de bien et de mal, ... nous ne trouvons pas tous tout beau, ou tout laid. Les nuances existent, et c'est avec soulagement que je le constate. Mais qu'en est-il de la Beauté ? De l'élément Beauté ? Le personnage lambda a un avis pas tout à fait forgé sur la question, mais un peu quand même (dans la mesure du possible, quoi). Et, bien sûr, Kappa aussi est là.

- Dis-moi ce que tu trouves Beau, je te dirai qui tu es.
- Mh ?
- Houlà, pas bien réveillé, Kappa ?
- Si, mais pas au point de comprendre ta question.
- Voyons, fais un effort ! Dis-moi ce que tu trouves beau.
- L'irréalité.
- Et qu'y trouves-tu Beau ?
- Son infinité.
- L'irréalité est une déesse...
- Oui ! Mais ne voulais-tu pas me dire qui je suis ?
- Mh, tout à fait. Tu es un personnage.
- Sans rire.
- À vrai dire, je ne saurais expliquer.
- Alors pourquoi t'être avancé ainsi tout à l'heure ?
- Parce que je sais que ce que quelqu'un trouve Beau peut le définir.
- Dans quelle mesure ?
- Dans la mesure où tu trouves que la Beauté de l'irréalité réside en son éternité.
- (à part) Houlà, pas facile à suivre, le lambda.
- Que murmures-tu ? J'ai tout entendu, rappelle-toi, j'ai un créateur qui me souffle tout ce qui se passe dans ma Belle irréalité.
- Waw, alors c'est vrai ?
- Oui, l'irréalité me sied.
- Et c'est pour ça que tu la trouves Belle !
- Non.
- Quoi ?!
- Pas que. Cette irréalité, j'y suis habitué, mais en même temps, je ne la connais pas entièrement.
- À cause de son infinité ! lança-t-il, fier.
- À cause de son infinité, approuva-t-il. Ou plutôt, rectifia-t-il, grâce à son éternité. Car j'aime n'en pas tout savoir.
- Et pour cela, je peux dire que tu es sage.
- Comment cela ?
- Je m'aventure peut-être sur un terrain dont je n'ai pas toutes les clés.
- Et tu as peur de dire une bêtise ? Boarf, dis-la, tu es irréel, et tu es un chat.
- Je ne suis pas un simple chat ! brailla-t-il.
- D'accord, d'accord. Dis !
- Ta sagesse, pour moi, réside dans l'attirance pour l'irréalité, sans totale volonté d'obtention : tu ne veux pas (ou n'ose pas ?) l'obtenir entière.
- Comme quand on aime : au tout début, l'on n'ose pas les câlins ni les baisers.
- Mais dans ce cas-là, si la fille...
- Ou le garçon !
- ... ou le garçon te kiffe aussi, et que tout se déroule de manière à ce que ça se fasse, tu te la fais (ou te le fais) quand même à la fin.
- Tout en finesse, Kappa !
- Oui, je sais. Mais mon contre-exemple est bien, c'est ce qui compte.
- Oui, revenons-y, tu as raison. C'est pourquoi l'amour n'est pas sage. Et, et là tu as frappé juste, si je trouve, comme je l'ai indiqué ci-haut, que l'irréalité est Belle en raison de son infinité, et donc, par extension, de son mystère et de l'impossibilité pour moi de tout en savoir...
- Si tu pouvais éviter les longues phrases comme ça, ça m'éviterait de choper un mal de crâne.
- Je fais ce que je peux, hein.
- C'est pas vrai ♪ !
- Si, je fais ce que je peux. Tss, reprenons : si je trouve que l'irréalité est Belle parce que je ne possède pas toutes ses vérités, c'est que...
- Tu es un personnage incroyablement romantique et poétique. Et que tu arrives à faire des phrases de moins de trois lignes.
- Oui. Mais saura-t-on jamais exactement définir quelqu'un sur ce qu'il trouve Beau, Kappa ?
- La beauté est dans l’œil de celui qui regarde, souviens-toi, lambda !
- Et donc ?
- Et donc, la Beauté aussi ! Et c'est ainsi que "celui qui regarde" voit la Beauté qu'il veut voir.
- Il la voit aussi par comparaison avec les autres choses, celles qu'ils ne trouve pas Belles.
- Par comparaison, oui ! Comme l'a dit Tom sur son ancien blog...
- Hé, pas mon nom ici, indiqua l'auteur en utilisant une autre couleur pour signaler que c'est lui qui parle.
- Tiens, tu es là ?
- Non, je suis à Narnia ! Non mais quelle question, j'te jure. Mais reprenez. Vous alliez dire ?
- Nous allions dire que, sur ton ancien blog, tu as écrit que la comparaison est une vision commune déformée par l’œil qui la transmet. Nous complétons le travail de ton "moi passé", en quelque sorte.
- Continuez alors ! Je ne voudrais pas vous interrompre. Hihi, j'ai été cité par Kappa, jubila-t-il à travers son "moi passé" en allant tweeter ce moment extraordinaire de sa vie (et il l'a fait, en plus, ce con).
- "La comparaison est une vision commune déformée par l’œil qui la transmet". Il a vraiment dit ça ?!
- Je ne le croyais pas si intelligent, mais apparemment, il l'est un peu.
- Chut, il pourrait nous entendre !
- Mais non. Et, en plus, ce n'est pas le sujet.
- Oui, tu as tout à fait raison. "La comparaison est une vision commune déformée par l’œil qui la transmet", reprend-il ... je dois bien avouer qu'il y a du vrai là-dedans.
- En tout cas ce n'est pas faux, je trouve. Puisque la comparaison est la prise de décision quant au statut de quelque chose pour définir si cette chose-là est mieux ou pire que cette autre, plus belle ou plus laide, bref, à tout simplement parler d'untel en prenant pour base tel autre et vice-versa, ce qui nous amène...
- ... à nous demander qui, tout à l'heure, reprochait à qui de faire des phrases de trois lignes.
- ... à te mettre un uppercut si tu continues, mais surtout à conclure que la Beauté, tout comme la beauté, n'existe pas tant qu'elle n'a pas été perçue par quelqu'un.
- On tient notre conclusion ! Tu sais que je t'aime bien ?
- Oui, je sais.

samedi 1 mars 2014

Montagne (et rêve, et couleurs)






Dentelle nébuleuse entremêlée de couleurs vraies…
On sentirait presque le souffle parfumé de la sève âcre.
On sentirait presque le froid de la neige à travers la forêt,
Et la pluie des nuages ! On la verrait presque tomber, grisâtre,
Tout serait observé, mais nous serions cachés ;
Et on respirerait la vie autour du feu.
Une journée, je voudrais, même une bête heure,
Que cela soit vrai, autant que les couleurs.

Ça fait un peu un bail !

Ça fait plutôt longtemps que je n'ai pas publié ici.
Oh, bien sûr, j'ai publié sur mon Tumblr. (ailleursbetterstronger.tumblr.com) mais ici, ça fait depuis novembre 2013 que je n'ai rien mis... et nous sommes en mars 2014 !
Autant dire que j'ai un peu abandonné ce blog pendant quelques mois.
Mais ce n'est pas pour autant que j'ai abandonné l'écriture.

Je n'ai pas encore dit mon dernier vers ni mon dernier rêve !

jeudi 21 novembre 2013

Des vagabonds phosphorescents

Ils Étaient là, dans la pénombre, il faisait presque nuit à vrai dire. À chaque minute, le ciel perdait très distinctement un gros bout de clarté.
Mais, évidemment, ils s’en moquaient, puisqu'ils étaient là, et que leur cas allait tout régler. Hé oui ! Tout. Même les séismes, même les tornades, même la maladie, le chagrin, la mort. Même le bonheur.
Ils allaient régler leur compte à un bon nombre d’idées, de concepts, d’actions, de situations, d’émotions. Ils allaient régler son compte à l’Univers.

Ils Étaient là, dans la pénombre. Il suffisait d’un rien, une brise, un souffle, un quai, une lueur de plus.

Ils Étaient là, dans la pénombre.

Puis la nuit noire.
Le comble.
Rien de rien.

Tout était devenu noir, d’un coup. Le ciel avait fini de perdre des bouts de clarté.

Un vélo passa au loin, avec seulement la lumière de derrière allumée. Ils le haïrent, sans savoir pourquoi. Peut-être parce qu’il y eut un rien, une brise, un souffle, un quai, une lueur de plus. Ils le haïrent et il le comprit, mais évidemment, il était trop tard.

Les vagabonds phosphorescent attrapèrent le cycliste, le rouèrent de coups, se jetèrent sur sa peau, sur sa peur, sur ses os, sur ses mots, ses pensées, ses lueurs. Ils le rouèrent de coups et le laissèrent là.

Puis, ils réfléchirent.

Les vagabonds phosphorescents avaient aperçu une différence dans son sang. Dans le sang du cycliste. Il y avait comme un bruit dans ses globules, qui leur criait : « Debout ! Debout, mes globules ! ». Ce sang parlait. Ce sang était vivant.
Mais ils explosèrent.

Mais ils explosèrent, et irradièrent tout.

Tant pis pour le sang de l’enfant multicolore. Ils réglèrent leur compte aux séismes, aux tornades. Ils réglèrent son compte à la maladie, au chagrin, à la mort.
Ils réglèrent son compte au bonheur.

Ils réglèrent son compte à l’Univers. Au Tout, au Chacun, au Jamais, au Toujours, au Juré qu’on leur avait crachés.

Ils rendirent l’Univers phosphorescent.

Puis, les vagabonds s’en allèrent, un par un, molécule par molécule.


Ils avaient réglé son compte au Néant, en le laissant pour seule puissance dans la Lumière.

vendredi 25 octobre 2013

Vanité à la fleur de sakura.

Une petite folie.



Les sakura sont les cerisiers japonais ornementaux ; leurs fleurs sont, dans la culture japonaise, l’allégorie de la vie des samouraïs, courte mais belle.

C’est cette fleur que j’ai choisie pour représenter la vie de façon générale, qui ne dure pas éternellement mais se dresse fièrement dans un étalement de pétales purs mais fragiles.
Cette fleur est poétique, dans toute sa splendeur et sa non-éternité ; c’est d’ailleurs la fleur en laquelle se réincarneraient les sages et les soldats.

C’est une fleur preinte de respectabilité.

C’est une fleur belle, tout simplement. Mais « il n’y a pas de beauté sans un peu d’étrangéité », a dit Edgar Allan Poe. Comme cette fleur, la vie est étrange : elle est emplie de splendeur mais a aussi son côté sombre. La vie est belle à cause de sa fin subite et du néant qui suit.

Même si la fleur est ici honorée puisque conservée dans un vase violet clair donc gai, elle s’éteindra.
Quoi que quelqu’un fasse de sa vie, il fera comme la fleur de sakura, même les sages et les soldats ; oui même ceux-là qu’on voit fêter je ne sais quoi à longueur de journée, même ceux-là qui se battent inlassablement pour qu’on les voie ; même les plus grandes splendeurs de ce monde ; rien n’échappe à l’érosion que le temps s’amuse à reproduire avec brio.

Les jeux sont faits, d’où l’échiquier sans pions qui enfermera la fleur ; échec et mat, du Persan šāh māt, « le roi est sans défense »… la reine aussi.

La fleur qu’on voyait et qu’on contemplait sombrera avec le reste dans l’abîme de la mort puisque les jeux sont faits.

Mais le couvercle n’est pas encore fermé !

Il reste tant à vivre avant de s’éclipser.

dimanche 29 septembre 2013

Je n'ai pas encore dit mon dernier vers.

Puis-je replonger ainsi dans un rêve âcre ?

Comment se souvient-il qu’il l’a oubliée ?

Elle revient parfois.

Elle danse, seule, au milieu de ses rêves. Et le parfum ; le parfum qu’elle laisse, il s’en souvient. Çà ! Quel parfum ! Et sa façon de marcher dans son songe.

Et quarante-deux et cent et mille autres détails qui lui reviennent, comme ça, sans contrat. Une main, tenue sans contrat aussi. Entre eux, pas de mots sur ça, ils le savent, ils savent qu’ils … quel est le verbe, déjà ? Il l’a oublié, aussi. Ça devait commencer par un « a ». Appartenir, peut-être. Peut-être savaient-ils qu’ils s’appartenaient. Mais c’était beaucoup plus que... ça.

Ils Étaient, ils Vibraient, mais silencieusement. Il s’appuyait sur un de ces horribles poteaux de bois peints en jaune, plein des étreintes de plein d'hommes et plein de femmes ; et donc il s’appuyait et il continuait la longue liste des étreintes que ce vieux confident avait vues et senties. Et elle s’appuyait sur lui. Mais pas de contrat ! Pas de mots ! « Nous ne nous parlerons pas », pensait-il, « nous vibrerons naturellement ». Oh, ils ne l’ont pas fait souvent. Pas assez souvent pour qu’on ait pu les voir. Ça n’a pas duré longtemps. « A »… c’est quoi ce verbe, déjà ?

Je crois qu’il l’a vraiment oublié. Mais comment a-t-il pu ? Il le savait. Tant pis, il s’en souviendra une autre fois, là il est si plongé dans ses souvenirs âcres qu’il en est incapable.

Il voit flou, il titube, il veut tomber, il veut disparaître, il en a marre, trois ans de vie détruits en trois semaines !

Amitié ? Amour ? Appartenance ? Quel est ce mot ?

Il en veut à la Terre, à la Galaxie, aux supernovæ qui explosent à des milliards de parsecs de là et qu’il ne voit même pas ; il s’en veut ; il lui en veut, à elle, elle qui s’écarta, elle qui lui asséna des mois de colère de ses phalanges dans la joue ; joue qui retentit encore, avec ce sifflement tenace, ça retentit depuis une semaine déjà. Une semaine ? Euh… il l’a oublié aussi.

Quand on oublie, on oublie tout, normalement. On peut choisir de tout oublier. Mais pas qu’on a oublié. Et se souvenir qu’on a oublié, ça peut rendre… euh… bizarre.

Que se passait-il ? Que se passe-t-il ? Que raconté-je ? Il ne comprend plus rien, il veut tomber et disparaître aux yeux du monde, le blizzard lui assène encore ce satané sifflement qui souffle sur ses songes silencieux.

« Puis-je oublier que mon présent est mieux qu’il y a un an, puis-je oublier ça quelques minutes, juste pour le plaisir de replonger dans mes affreuses interrogations passées ? Puis-je ?


Puis-je replonger ainsi dans un rêve âcre ? »

Qui est-il ?