mercredi 14 août 2013

Vœu.

J’ai un vœu. Laisser un message, une petite trace de mes volontés, une petite trace de mes espoirs, une petite trace de mes souhaits. Laisser une lettre à l’humanité. Une petite trace de mon passage sur cette planète destinée à être foulée du pied par des tonnes d’humains après moi.
Et ce, oui, même si on est sept milliards et cent cinquante millions d’Homo sapiens sapiens sur cette planète à l’heure où je vous parle ; et même si on sera certainement huit, puis neuf, puis dix, puis onze milliards dans plusieurs décennies ; même si, alors, personne n’aura sûrement cure d’un adolescent de quinze ans et surtout de sa lettre écrite « dans les années 2010, peut-être en 2013, on ne sait pas trop, et de toute façon ce n’est pas important. »


Et j’ai des questions à poser à propos du futur.

Dans mille, dans deux mille, dans dix mille ans, qui se souciera de ce qu’était l’humanité il y a des lustres ?

Qui tiendra compte de notre culture actuelle ?

Qui se souviendra de Michael Jackson, de Ray Charles, de Queen, d’AC/DC, des Beatles, de Bob Marley, de Jean-Jacques Goldman, de Serge Gainsbourg, de Vivaldi, de Beethoven ? Qui aura encore en tête Thriller, I’ve got a woman, I want to break free, Highway to Hell, Yellow Submarine, I wanna love you, Envole-moi, La chanson de Prévert, L’été, La Cinquième Symphonie ?

Qui aura encore chez lui un exemplaire d’Harry Potter, de Vingt mille lieues sous les mers, de Roméo et Juliette ? Un recueil de poésies d’Arthur Rimbaud, de Victor Hugo, de Charles Baudelaire ? Qui aura encore chez lui les Illuminations, les Contemplations, les Fleurs du mal ?

Qui se souviendra du robot Curiosity, du petit pas de Neil Armstrong sur la Lune, du satellite Spoutnik, de Youri Gagarine, de la chienne Leïla ?

Qui se souviendra des gens qui ont fait les bases d’un bon nombre de choses de notre société ? Qui aura encore en tête les noms d’Alexander Graham, de Steve Jobs, d’Isaac Newton, de Charles Babbage, d’Alessandro Volta, de Léonard de Vinci, et de centaines d’autres qui ont tous apporté leur contribution révolutionnaire à l’humanité ?

Qui comprendra notre désir de coloniser d’autres planètes, lorsqu’on trouvera presque blasant d’aller visiter Alpha du Centaure en navette superluminique ?

Qui se souviendra des erreurs commises par l’humanité durant des siècles ? Les guerres, les génocides, le communisme et le nationalisme abusifs, les massacres, les attentats ? Qui se souviendra des batailles pour acquérir la liberté ? De la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, de la Déclaration d’Indépendance ? Fêtera-t-on encore l’Independance Day, ou l’anniversaire de la prise de la Bastille ? Qui se souviendra des tyrans, d’Hitler, de Staline, de Louis XIV ? Qui se souviendra des combattants, des résistants, de Rouget de Lisle ? Y aura-t-il encore des guerres ?

Oh, je ne perds pas espoir. En 2013 encore, on se souvient du Christ, la Bible a encore une certaine valeur, et pourtant Jésus et le livre sacré des chrétiens ont plus de deux mille ans. La poésie ancienne se lit encore, et la musique classique s’écoute toujours, et le partage fait que toutes ces traces de notre passé subsistent encore. Mais dans dix mille ans ? On n’aura sûrement encore qu’une vague connaissance de notre passé.

Comment l’ex-centrale de Tchernobyl sera-t-elle gérée ? Qui pensera encore à sauver des espèces en voie de disparition ? ; aura-t-on encore besoin de ces espèces, et donc s’en souciera-t-on encore ? Et les arbres : respectera-t-on les forêts ? Et les matériaux rares : les prendra-t-on sur des astéroïdes ?

Comment voyagera-t-on ? Polluera-t-on moins ? Y aura-t-il plus de vélos, plus de véhicules en commun, plus de voitures électriques ?

Comment s’informera-t-on ? Qu’écoutera-t-on ? Que regardera-t-on ? À quoi jouera-t-on ? Que lira-t-on ? Qu’imaginera-t-on ? Que voudra-t-on avoir ? Que voudra-t-on devenir ? Comment aimera-t-on ?

Comment vivra-t-on, tout simplement ?


Oh, je ne serai pas là pour en juger.
J’aurai déjà eu tout le loisir de bouffer les pissenlits par la racine, et je ferais mieux de vivre ma vie tranquille dans le XXIème siècle plutôt que de m’intéresser aux siècles suivants.
Mais j’espère que notre savoir ne se perdra pas ; j’ose espérer que tous les futurs Homo sapiens porteront encore bien leur nom : « l’homme qui sait ».

Enfin je n'en sais rien.

2 commentaires:

  1. C'est très beau, ce que tu écris ! Philosophique, poétique et curieux, c'est très mignon et profond...
    Je pense, pour ma part, que les hommes n'oublieront pas tous ces évènements dont tu parles. Je pense qu'ils fêteront toujours Halloween, que Vivaldi sera toujours plus ou moins connu. Je pense que l'horreur de la deuxième (et première) guerre mondiale restera toujours dans les mémoires, même des plus petits. Parce que, malgré la technologie, encore beaucoup de l'éducation passe par le "bouche à oreille". Les parents apprendront toujours à leurs enfants que la guerre est une chose mauvaise et horrible. Les professeurs d'Histoire apprendront toujours à leurs élèves que Christophe Colomb a, certes, découvert l'Amérique, mais a surtout participé au génocide des sud-américains (tout ça pour des richesses !)
    Ce dont moi j'ai peur, c'est que l'on oublie les sentiments, les choses de base dans la vie. Ecrire, écouter un oiseau chanter, lire une chouette BD, rire avec des amis, tomber amoureux, être émerveillé par les premiers pas d'un bébé, se détendre en caressant un chaton... C'est de ça dont j'ai peur. Est-ce que la technologie ne finira pas par nous envahir totalement, et, qu'au lieu de se parler, tout le monde enverra des sms... J'ai peur que l'Humanité finisse comme les humains dans Wall-e (si tu vois ce que je veux dire).

    Je ne pers pas espoir, mais j'espère que les relations simples ne disparaitront pas.

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    1. Waw, tant de compliments ☺
      J'aime bien imaginer comment nous serons perçus dans le futur... il paraît qu'en 3014, nos descendants ne pourront plus nous comprendre, ça fait bizarre (j'ai lu ça dans SVJ ☺).

      En effet, c'est quasi-sûr que ça ne se perde pas, tu le dis très bien !

      Ah, les sentiments, les choses simples ! Çà oui, qu'on ne les oublie surtout pas !
      Justement, j'ai vu Wall-e récemment (apparemment toi aussi, tu regardes M6 ☺ ?)... brr, ça fait froid dans le dos, ces gens qui, assis juste à côté, se parlent par vidéo, & qui ont besoin qu'on désactive leur écran pour s'intéresser au monde qui les entoure... brr ! Mais, d'un autre côté, grâce à Internet, je lis tes histoires et tes articles et je les commente, et vice-versa, et on se parle... & ça c'est bien ;-)

      Mieux vaut ne pas perdre espoir ! J'espère aussi cela, du fond du cœur.

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